LA REVUE SOCIALISTE beaucoup de milieux oü Sparagnés et \Vahre-Jacob font les frais d'une douce craieté se trouYcraicnt précisément les administrateurs des v caisses d'épargne de certaines régions ouYriércs, au cas oü ceux-ci étaient nommés par le suffrage uniYcrsel des déposants. Que vaut l'argument? Il ne prouYe rien contre notre thésc. Nous deYons cependant saYoir gré à ceux qui l'emploient de cc qu'ils reconnaissent ipsvfnclo, mais malgré eux, une Yérité qu'ils s'empresseraient de nier au cas OLIon leur en ferait un exposé direct. Ils avouent que la démocratie socialiste recrute ses adhérents dans les couches ouniercs oü l'instruction et le salaire sont les plus éle\'és, et que la tactique du maintien de la plaie ou,·crte serait tout cc qu'il y aurait de plus nuisible aux intérêts mêmes du parti om-ricr. Les panégyristes de l'épargne sont de bonne composition. Tout leur est prétexte ù dé\'eloppcmcnt moral, dés que des hommes se réunissent pour mettre en commun de soi-disantcs économies. Que dans un cabaret les ounicrs portent un argent quelquefois indispensable ù leur famille pour célébrer par de plantureux banquets un anniYersaire quelconque, que des ouHières déposent chaque semaine une somme pour former une cagnotte, qu'elles dépenseront pendant les nuits (oh! combien morales!) de la mi-carême et du mardi-gras, et immédiatement le cœur des p:?négyristcs bondit de joie. La morale publique est en p.rogrès. De là à mieux il n'y a qu'un pas. Inclincz-,·ous, socialistes farouches, de\'ant un éclair nom·eau de cette étincelle di\'inc qui guide malgré YOs sophismes le travailleur dans la \'Oie de la sociabilité et de l'épargne. Cependant cette influence moralisatrice, cette lutte de l'épargne contre le cabaret me paraît assez problématique, lorsque je Yois une Yingtaine d'ouvriers ou d'ounièrcs se réunir chaque semaine dans un cabaret pour y réunir lcLirs épargnes et dépenser en consommations alcooliques et en amendes de tout genre peut-être cinquante fois autant que le maigre intérêt qu'ils retireront le jour du partage. Pourtant vous ne les jetez pas par-dessus bord, ces caisses d'épargne de cabaret, ces sociétés de Yiqgt dans lesqueiles \'Ous ,·ous plaisez à Yoir l'intuition grossière de l'épargne ou la première lueur de la grande lumière de YOSrecommandations d'économie. \'oilà l'épargne vraie. A côté de celle-là il y en a une autre. Pour un grand nombre de moyens et petits commerçants et même pour de petits fermiers, la caisse d'epargnc est une banque de dépôt ou de compte courant qui jouit ;\ leurs yeux du double a\·antagc de la garantie des pouvoirs publics et de l'élevation considérable du taux de l'intèrêt. Certes, tons ceux qui se laissent guider par ces a\'antages rècls ne se rendent pas compte des consequcnccs logiques de leur attitude. Combien en aurcz-Yous de ces petits intermédiaires qui cxpri-
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