La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

ESQUISSE D'UNE THÉORIE DE L'J~PARGKE mcront déJaig11cusc111c11lteur aversion profonde pour la 11.1tio11alisation du credit et de la banque et qui par contre crierail'nt .i l'abomination de b dc'.:solationsi on leur enle,•ait du jour au lemkmain ces deux parcelles infinitésimales du grand :1,·antage d'une b:1nquc d'Ét:1t qui sont la c:1usc de leur profond ~tt:1chemcnt pour la caisse d'épargne? Marx parlait aYec sa ycrve mordante de l'optimisme béat des .capit:1listcs; qu'aurait-il dit des n:1ïfset peureux clients ,k nos c:1isses d'épargne? Un fait historique suffira pour les juger. C'était en 1866. L:1 Prusse venait de décbrcr la guerre à l'.\utriche .. .\ussitùt des milliers de petits commerçants de donner l'assaut aux succursales des caisses réclam:111t:i grands cris leur argent. L'administration comprit :'t qui clic :1vait:1fhirc et clic fit exposer bien en rne quelques piles de thalers. Aussitot le Hot se calme, ceux qui Ycnaient pour retirer leur .argent s'en retournent comme ils c'.:taient\Tnus; ceux qui attendaient le remboursement ne se présentent p:1s pour k récbmer; ceux qui :-tYaientdéj:'t retiré leur argent le rapportent. Us étaient bien ccn,1i11s que l'État n':1\·.1itpoii1t fait main-basse sur l'argent des caisses d'ép:1rgnc pour les besoins de la guerre et qu'il y a\':1it encore des fon,ls pour ks rembourser ;°1toute rc'.:quisition. D'ailleurs, si dans certains pays la loi organique des c.1isses d'c'.:pargne fixe un m:1ximum de dc'.:pot,il y en a d'autres où aucune limite n'est prc'.:vueet où les depàts atteignent une importance telle -que l'on se demande comment on ose prétendre que des sommes aussi ,considérables ont p:1ssépar la tirelire du pauHe ou de l'ouYricr. Les montants quelquefois gigantesques qu':1ttci11t la soi-disant <'.:pargncpublique constituent l'élc'.:mcnt principal des dettes flottantes <les États curopc'.:ens.Peu importe que ces sommes soient placc'.:csp:1r une caisse centrale Yers laquelle clics convergent obligatoirement en rentes sur l'État ou qu'elles aient étl'.:employées :'i diYcrs usages p:ir des caisses autonomes; ces fonds constituent une somme mise dans le mouvement des :1ffairespubliques et privées et qu'il faudra reproduire .1près un délai infime au moindre bruit de guerre, a la moindre apparence de crise. EnYisagcons la situ:1tio11 :l\'CC calme pour le cas oü une caisse centrale des dépots et consignations concentre tous les fonds de l'ep:1rgnc. Survient une crise. Pour se procurer des fonçls, l'État vend -ses titres de rente. La situation troublec et l'offre considérable font baisser le cours. ~'oubliez pas que l'État est toujours Yendcur de rentes. Mettez ù b place de l'État un notaire acceptant des dc'.:pots :'i lui confiés pour les gérer en bon père de famille et demandez-vous si ~le pareils agissements ne l':1meneraient pas en droite ligne sur les bancs de la correctionnelle et même plus loin. Outre le reproche que fait naitre le caractcre délictueux de son attitude, l'État encourt une

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==