A PROPOS DES AFFAIRES o'oRIEXT contre la Crete et la Grcce. On a publié et commenté un ultimatum de la Russie qu'on a déclare emuite apocryphe. Laissom les termes et tenons-les pour faux. L'esprit de la picce correspond ;\ merveille aux dispositions dont la cour de Pétersbourg fait parade, et ;i la politique dont le comte ~[ouravicf est dcYenu le dépositaire après le prince Lob.rnof. Par un rerwcrsement curieux des choses, le Turc n'a p.1s aujourd'hui de meilleur ami l]Ue le Russe. Il semble que Plevn.1 ait été le tombeau de la Yicille et at:1,·ique hostilité. Si un gou,·ernc111e11t d'Europe obtenait l'autorisation de faire croiser une escadre dCY.11S1t1.1111boul, cc serait celui de ~icol:1s IL Et pourquoi non? Le czar ne tient p:1s .i conqucrir l'Empirc ottoman. Il aurait d':1bord fort .i faire, ct puis il est bien plus simple et moins coùteux de garder la Porte en l:1is~cet d\:xercer sur clic un protector;ll rnor.11.Le grand-,·izir d'.\bd-ul-l l.1111id n'est pas un Croyant, c\:st le plénipote11ti,1irc russe, J\I. de Né)idof, :i moins qu'Abd-ul-Hamid ne soit le gr;rnd-Yizir de J\!. de :S.:élidnL 'Nicolas JI ctend sur les Ottomans le m0mc .mwur qu'il dL·ploic sur ses peuples, et qui roucher.1it :i Comtantinople le blesserait aussi profondément que l'agresseur de Cronstadt. Conciliez ces sentimenb qui ne sont plus tout à fait nom·eaux a,-cc le prétendu enthousiasme rel1giem:: et ethnographique des Russes pour leurs fn:res sL1,·eset orthodoxes. \"ous aurez une notion suflis:rnte de l'esprit moscoYite modernisé, m.1isYOusserez saisis de la contradiction. Guillaume [[ était tout désigné pour conceYoir l'idée prcmicre du bombardement de la Canée. :--.:es'est-il pas posé en champion armé de l.i contre-révolution? li fulmine contre les Crétois, cette « peste » du dehors, comme il tonnait 1'.1utre jour contre les socialiste\, cette « peste» <ludedans. Il les n\luirait volontiers en miettes, comme il l'Ùt voulu faire jadis c1wcrs les mineurs de \\'estphalie, coupables de gré\'c. Les Crétois ont eu le tort de troubler l'ordre établi, qui, aux yeux de l'empereur d'.\llernagne, est d'origine divine. Et puis, quelle singulière pensée ils ont eue dc montrer des Yclléités d'indépendance, en in\'oquant la nationalité! r-[auYaisexemple pour les Alsaciens-Lorrains, pour les Danois, pour les Polonais et tant d'autres. On comprend fort bien ces principes directeurs de la conduite du César germanique. En combattant la réYolution, il défend ses intc'.:rèts, comme jadi;; Mctternich. ~[ais la France? Elle n'a rien i craindre, elle, des considérations ethniques que développent :i l'envi Grecs et Candiotes. Elle cùt pu d'autant mieux inciter les Crétois au plcbiscitc que ce mode d'annexion fut fort en faveur chez clic en 1792, pour ne citer que cette date, et que certains de ses ci~oycns réclament cette juste facultc'.p: our les provinces arrachées au traité de francfort. :-.1aisson gouvernement tient trop i receYoir des monarques pour pactiser à tel point avec le système démocratique. Cela contristerait la Russie; cela
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