La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

A PROPOS DES AFFAIRES o'oRIEXT 2Gr fait nos consuls, M. Meyricr, vice-consul :'tDiarbt'.:kir; M. Roqucfcrricr, :'t Erzeroum; M. Cartier, vice-consul :'t Pi,·as, et sa femme; M. Cil- !it'.:rc,à Tr6bizondc ( r); il suffit de Iire dans le.: 1 i,-rc de M. Bérard cc que fit MmeMcyricr. On :ivait massacré ù Diarbt'.:kir pendant l'hi,-cr 1895-96. Le printemps venu et les routes ou,-ertcs, « trois cents chrt'.:- ticns » vinrent« dcm:inder au consul de les emmener :'t la cote. Le consul ne \"CUtpas quitter son poste, cr:iign:rnt que son absence ne soit mise ;t profit. M:iis s:i femme s'offre pour conduire la caravane. Il faut quinze jours de cheYal jusqu':'t Alexandrette, le port le plus voisin. Les villages ont t'.:tt'.: pillés. Les Kurdes coupent la route. La fcrnmc du consul :1 quatre petits enfants, dont un :'t la mamelle. Elle part avec ces trois cents personnes et plusieurs centaines de chc,·aux. Le gouverneur lui offre une escorte, m:iis pour clic seule. Elle déclare que l'escorte protégera tout le monde ou qu'elle ne l'acccptcr:i pas; puis, pour forcer les gendarmes ;'1,-eillcr sur toute la colonne, elle c1woic ses enfants c11 t<'.:tcet reste en queue. Elle Yoyagc ù chcYal et ses enfants en litière. De temps en temps, elle monte dans la litiére et allaite son nourisson. Il faut, à chaque ét:ipc, assurer le YiHc et le coucher de tous; souYcnt, la nuit, il faut se rele,·cr, faire le t0ur du c:imp et calmer les p:iniques. A Bircdjik, au passage de !'Euphrate, des ordres sont Yenus de Const:intinople « de l:iisscr passer la femme du consul de Fr:incc »; les autorités locales en concluent qu'il faut arrêter les :iutres. i'vlaisclic envoie ses enfants sur l'autre riYCdu flcu,·c et annonce qu'elle passera la dcrnit'.:rc, aprt'.:stoute la colonne, et que, si le prt'.:fct la fait :ittcndre, si son nourrisson yient à mourir de faim, on Yerra une bonne fois oü sont les responsabilités. Le pn~fct ct'.:deet la caraYanc repart. A tr:ivcrs un pays en révolution, au milieu des bandes de lùmlcs et de Circassiens, aprt'.:sdeux. semaines, on arrive à la mer. La femme du consul embarque tout son monde et monte à bord la dernière ». PIERRE DELOIRE. * * * Aux r~/fl'xio11s qui précMeut 11ouscroyons devoir njoul,T les co111111e11taires suivn11tsde 110/recollnborall'ur Pnul Louis : ... Dans l'histoire des événements de Crt'.:te,si l'on fait abstraction de ces incidents fréquents en terre turque, massacres, incendies, brusques dc,portations, on rclevc c\C"uxfaits dignes de commentaires le souleycmcnt du peuple grec, puis le bombardement de la Can('.:c. (1) M. P. Cambon. ambassadeur de la République française à Constantinople, à M. Berthelot. ministre des affaires étrangères. Péra, le 24 décembre 1895. (Livre j111111r, 11'' 168, p. c9c.)

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