LA REVUE SOCIALISTE <;ais? Continuer la tâche qu'ont déjà si bien commencée tous les orateurs et tous les journaux du parti. Les socialistes français ne participeront pas de leur personne et directement aux solutions particulières de ces questions particuliéres; iis n'oublieront pas que c'est ù Paris que se fera sans doute le commencement de toutes les solutions définitives; ils auront donc soin de garder intact le personnel révolutionnaire français, de le recruter, de l'accroitre, de l'organiser, de le discipliner et de le tenir pr0t pour les échbnccs prochaines. Ils i:c s'attarderont pas trop ù ces détails et ;t ces personnalités. Si « un français, ancien élu du suffrage universel, ancien radical, :lllcicn ministre de la République ll, a vu « les massacres de Trébizonde et, depuis quinze mois, garde le silence ll, ils ne s'occuperont pas trop de sa\'Oir si cc silencieux ne serait pas i\l. Jules Roche et s'il n'aurait pas eu, pour garder ainsi le silence, des raisons personnelles intércss:111tcsN. on, les socialistes aimeront mieux éclairer l'opinion publique sur l'intérêt général de ces questions. Ils feront YOirque de tels massacres, et les guerres qui s'ensuiYent, sont non seulement possibles et probables, mais nécessaires scion le régime indiYidualistc, à cause de la concurrence internationalc, encore plus âpre s'il se peut et plus mauYaise que la concurrence i 11 teri ndividucllc. Puis ils essaieront d'effacer l'orinion la plus dangereuse dont nüus soyons atteints en cc moment-ci. Un très grand nombre de Français, et parmi eux des radicaux, commencent ù s'imaginer que le salut de la France pourra se faii-c par une alliance étrangère, qu'en particulier il nous faut l'alliance russe pour nous garantir la Champagne et le Dauphiné. Détromrons-lcs, et n'ayons pas rcur de dire la Yérité: la France vaut bien qu'on lui dise la vérité. Une alliance étrangérc qui fausserait le génie national ferait ù la France plus de mal que de bien; une alliance étrangère qui ne fausserait pas le génie national pourrait bien aider la France, mais non pas la sau\'cr; il faudra que la France elle-même se sauve clle-mC:mc ou qu'elle ne soit plus, qu'elle ne soit pas; si la France ne renonce pas :'t la fois aux mœurs bourgeoises et aux lois bourgeoises, s'il n'y a pas dans vingt ans cinquante millions de Français et si ces Français ne représentent pas l'Idée socialiste, le reste sera Yain, tome alliance, même etroitc, sera vainc; c'en sera fait de la quantité française et de la qualité française, de toute France. Et pour YOirenfin ce que ferait par le monde une France vraiment française, il suffit.de regarder ce que font déjà ou cc que font encore ceux des Français qui n'ont pas déserté le génie national, cc qu'a fait notre ambassadeur ù Constantinople, M. Cambon, cc qu'ont
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