A PROPOS DES AFFAIRES o'OR!E::-;'T 259 renYcrsait et enfermait son frère Mourad, trois mois après le renversement et le suicide de son oncle Abd-ul-Aziz ». « DeYcnu sultan par la grkc du meurtre et des complots, il Yit bientôt, ou crut voir, travailler a sa perte les mêmes machinations et les mC:mcs hommes qui avaient supprimé son frère et son oncle. )) Cette peur a fait de sa Yie un perpétuel cauchemar. Dans son affolement chronique, il a peu ù peu enlevé tout pouYoir au grandYizir et aux ministres, ou, comme on dit, à la Sublime-Porte; il s'est retiré a,·ec ses favoris dans son palais d'Yildiz oü il se cache, gardé par toute une armec de soldats et de policiers. C'est là qu'il a lui-mC:mc organisé, tres saYammcnt, trés soigneusement, le grand massacre; c'est de là que« le maitre a permis de tuer les Arméniens)>. li n'.'.\·eillad'abord le fanatisme religieux des Turcs; il fit enrégimenter les brigands Kurdes et mC:mc leur donna son nom (les Hamidiés). D'autre part, il surexcita les Anncnicns par les pires vexations; des comités se forrnércnt parmi eux et commcnccrcnt a défendre les drnits lésés : cc fut le prctcxtc cherche; on put commencer le massacre et l'exécuter comme le « maitre » l'ayait voulu, par ordre et methodiqucmcnt. Pourquoi l'Europe laissa-t-clle faire? Parce que « le maitre·» aYait des complices. Le gouvernement russe ne Youlait pas que l'Europe intervint, parce qu'il ne se sent pas encore en ctat de prendre sa bonne part au partage de l'Empire ottoman; de plus il ne tient guère ù cc que l'on accorde aux :\nnènicns turcs les justes reformes : le sort des Armèniens rnssc~ ne semblerait-il pas trop dur apres cela? Le gom·ernement français n'aYait rien ù refuser au gom·crncmcnt ru,sse, pas m~mc une làchetc. Les diffèrcnts ministres qui se succédaient aux affaires ètrangèrcs se distinguaient, si l'on veut, par le ton, mais non point par la politique. M. Bourgeois parlait un langage un peu plus vif, ~,[. Hanotaux un langage beaucoup plus veule et même scandaleux; mais les differcnts ministres français se ressemblaient en ceci, qu'ils ctaient bien decidés a ne pas mècontcnter le gouvernement russe. Enfin les deux gom·crncmcnts, et en gencral tous les gouvernements europcens étaient toujours influencès et souvent commandes par la finance internationale : or cette finance a\"ait ses raisons pour ne pas YOuloir que l'on touchât a l'Empire ottoman. Restait l'opinion publique; clic ne s'èmut qu'en Angleterre et en Suisse. En France on fit la conspiration du silence; le gouvernement tint le pays dans l'ignorance ou faussa les. nouYelles; « dix-sept journaux français touchèrent des subsides» à l'ambassade turque. La France, clic aussi, laissa faire et laissa passer. Telle ctant la situation, quel ser:1 le dernir des socialistes fran-
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