La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA PROPRIÉTI~ IDÉALE cipal et où n'.:gm:nt encore simultanément ou scparément l'habilctc proressionndle et ·1adivision manufacturicre du traYail. Le commerçant, plus encorL' que l'industriel, manifeste une profonde horreur contre toute inno,·ation, car toute innoYation lui est meurtriére. On ne peut lui imputer à crime de Youloir Yine. Mais c'est chose Ycritablernent plus douloureuse que risible de le YOir s'obstiner ;1YOuloir YiHe de la Yie de ses pcres dans un monde complctement transformé. La rapiditc et la facilité des moyens de communication et d'inform:nion rendent possible la suppression d'une quantité innombrable d'intermcdiaircs. >l'importe, ces intermcdiaires se cramponnent ;'1 leur moyen d'existence, continuent les petits errements des cachoteries et des prix occultes, se mettent :'1 cinq pour transporter une picce de dentdle de la fabrique au petit magasin où la cliente Yiendra l'acheter, encouragent la fraude et les malfaçons des petits fabricants afin d'atteindre quand m0me aux b,1s prix de la grande industrie, qui a limité au minimum le nombre des intermédiaires. Résultats : sur le marché local, le grand magasin achcYe son triomphe sur les boutiques d'autrefois; sur le marche international, nos produits reculent deYant ceux des nations YOi~iIH:s. Le propriétaire rural ne se défend pas mieux et ne le peut pas. Pour lui, encore plus que pour l'industriel et le commerçant, le crédit est une <lcrision en même temps qu'un instrument de ruine et de dépossession. La population rurale, qui formait les trois quarts de la population totale de la France il y a trente ans, n'en forme plus que les deux tier~. Est-cc à dire que les procédcs de culture s'ctant perfectionnés, la terre exige un moins grand nombre de bras? Il y a eu naiment trop peu de progrcs accomplis au cours de ces trente <lernicres années dans l'ordre agricole pour qu'on puisse soutenir cette thcse. La Ycrité est que le paysan quitte sans regret une terre qui ne peut plus le nourrir. Celui qui reste sur le sol natal est rongé par la dette et il lui arrive d'c1wier la miscrc de son rrcre émigré dans les Yilies. Si peu prolifique que soit la classe moyenne, sa part de propriété est tout de même trop restreinte pour que tous ses fils puissent se la partager, aussi en dirige-t-ellc le plus qu'elle peut Yers les professions dites libérales et le fonctionnarisme. La noblesse appauwie reste le plus qu'elle peut dans sa raison d'ftre et dans son role en vouant ses fils à l'armée, où ils font d'ailleurs une carricre plus brillante que leurs camarades de la bourgeoisie, puisqu'à mesure qu'on s'élcve dans l'échelle des grades l'A1m11niremilitaire accuse une plus grande proportion d'officiers à particule et à titres. La bourgeoisie produit des professeurs, des médecins, des avocats, des ingénieurs en si grande quantité que, si le fonctionnarisme n'était pas un déversoir tout indiqué,

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