18 LA RE\.UE SOCIALISTE de rogner le salaire de ses ouHicrs, les gages de ses bboureurs, les appointements de ses employés, c:llc s:iit bien dire aux malheureux qu'c:llc met à la portion congrue, que la concurrence la force à agir ainsi, sous peine de disparaître. Elle sait alléguer la cherté et la difficulté du crédit, la guerre de prix que lui font les grosses entreprises mieux outillées et mieux renseignées. Et cependant, c'est contre le prolctaire qu'elle continuera de lutter et de déblatérer. Son ambition et son culte étant la richesse, son respect demeurera acquis à ceux qui la ruinent. Ave C,rsnr ... Quand, faisant litière des principes sacrés du laissez faire et laissez passer, clic dcm:inde protection ù l'État contre la concurrence étrangère, protection qu'cllc obtient (c:ir c'est encore clic qui dirige l'opinion des masses électorales et des assemblées délibérantes), profitet-ellc de cc répit pour amél iorcr son outi liage ou perfectionner ses procédés commerciaux? Elle n'a garLlc et, b,lltuc sur le marché international, clic ne sait même pas alimenter le m:irché colonial que la nation lui a ou\'crt :iu prix <les plus grands sacrifices d'argent et d'hommes. Son idéal n'est pas d'aller chercher le consommateur où il est, mais de le contraindre à s'approYisionncr chez clic. Elle sait assez d'histoire pour ne pas ignorer qu'au moyen âge le commerce et l'industrie étaient soumis ù une réglementation qui était ù la fois pour eux une contrainte et une garantie. Libérale jusqu'a l'anarchie pour protester contre toute contrainte, elle reculerait Yolonticrs jusqu'au douzieme siécle pour obtenir toute garantie. N'ayons-nous pas YU récemment le commerce parisien protester contre la construction d'un chemin de {cr métropolitain? L'idéal de chaque boutiquier était que le consommateur ne pùt s'éYadcr <le son quartier! D'oü lui \'ienncnt cette inintelligence, cette absence d'initiatiYe, ce caracterc contradictoire? De sa pau\Tcté; car l'l:parpillement ù l'infini d'une richesse considérable n'est pas seulement la pauneté pour chacun du fait que la part de chacun est forcément n.:duite, mais encore et surtout du fait que chaque effort est opposé à l'effort Yoisin, la libre concurrence étant la loi essentielle d'un tel régime. Et l'inintelligence patronale, incapable de conccYoir un plan de combat, et surtout <le l'ex<'.cuter, contre les forces capitalistes, cherche ses moyens de défense dans une exploitation plus intense des bras ouwiers mis à sa disposition par le marché du traYail, toujours encombré de cette denrée. Cette exploitation ;\ outrance du traYail salarié, loin de défendre le patronat, est encore une des causes de sa déchéance. Il est démontré aujourd'hui qu'un ounier bien nourri et ne tra\'aillant qu'un nombre raisonnable d'heures par jour produit da\'antagc que l'ouvrier mal nourri et surmené. Cette démonstration s'applique surtout à la moyenne et à la petite industrie, où la machinerie n'a pas le rôle prin-
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