REYUE DES Ll\"RES Yeut qu'on re,·ienne :1 l'J~,·angik, tout en a,·ou,111tqu'il 11·.1« eu le temps de penser à cela que superficiellement, ,·ous compn:nez. » Cc: vous comprenez! est tout un poC::mc. M. Christophle, l'ancien gou,·cmcur du Crédit foncier, spirituellement baptisé par Jaurès: « le capitali~te d'Arcadie », fait :1 sa mani(:re l'histoire et l.1justil1catio11de la rente. Basti:it prC:tait un r:ibot, i\l. Christophle pr0te un .:l1amp. Si on l'emp0che de pr.::ter « son » champ, il refuse de discuter et il termi1le l.1conversation par cette considération dont on appréciera la haute portée philosophique: « Ces machines-la, \'Oycz-,·ous, ces proj..:ts de boule,·crsem..:nts, ces mc11.1ccsde ré,·olutions ne sont i1w..:11tésabsolumcnt que pour enrichir ceux <]Uiks préconisent. » L'ouvrier du Creusot qu'interrogc ;\I. l lur..:t répond ainsi: « On n'est pas les plus forts ... et puis, on est trop fatigu0 ! » A Roubaix, 011 est moins fatigué. i\1. Il uret trou,·e au cabaret lcs ou\Tiers lisant ct commentant un article de Jules Simon sur la question soci,1le. A se, objections (car le systC::mc de l'.1uteur, excellent, scion moi, est de poser aux capit.ilistes des question~ soci,tlistcs et im·ersement), ih répliquent en citant tel patron qui « a gagné trente-sept millions en quelques années, et ceux qu'il emploie mangent du pain sec et de l'oignon cru :'t leurs rep:is. » J\I. Huret rencontre il Roubaix un jeune llclge, docteur ès-sciences, qui s'est fait cuisinier pour vivre et dépèce impitoy,1blement l'organisme c:1pit:1listc,si bien quc l'inten·iewer renoncc.'tdéfendn: Jules Simon et ,'en ,·:1:idmirer le familistC::rcde Guise. li nous conduit ensuite dans son p,1ys natal, nous y montre des p.1ysans réels, de ces paysans de jadis pour qui l'accoutum.111.:e est tout et qui se rcfusent :'t toute pcnséc g0nérale. L'idéal d'un pauvre diable us.'.: it nourrir ses m:tîtrl:S est que Sl:Sc11f.t11tsen sachent un peu plus long 911<l.u: i et peinent moins que leur père. i\l. Huret note impitoyablement l'égoïsme ignorant des uns et la 11011 moins ignorante résign:ition des autres, puis il passe aux po:d1curs de Boulogne : « Les ricl1l:s sont trop mauvais cœurs, disent-ils, et il y aura toujours des pau\Tcs. » Si l'espace ne m'était mesuré, je voudrais citl:r en entier les trois chapitres consacrés it l,1 mis(:re ou,-rière en Russie et en Pologne. C'est un ,·éritablc cauchemar et i\[. Huret a touché l:1le fond de l'enfer social. Somme tOute, .M. Huret sait pourquoi l'ou\Tier ne se révolte pas. Plus il est m:ilheureux, plus il est a,·ili, moins il peut songer :1sortir d..: sa situ:ition et, s:iuf exceptions, c'est dans les milieux de misère moindn: qu'on rencontre le plus de socialistes. Un tel livre est un ré.:onfort pour ceux qui tr:1v.1ille11t it l'émancipation ouvriC::n:.Il leur montre les progn:s de l'idée en mC:mc temps qu'il les édifie sur la valeur intellectuelle et morale de ceux que leur situation met it la tc:te de la résistance. On doit donc féliciter i\I. Jules Huret d'a,·oir eu le trés grand courage de l'écrire. E. F. * * * Œuvres complètes de Maria Deraismes, tomes r, II et llI. .... (ch:iquc Yolume in-18, 3 fr. 50).'- FUix Alcan, ~ditcur Selon la juste et belle expression de son préfacier et biographe, Jean Bernard, notre distingué confrère du barre:iu de Paris, Mari,1 D.:raismcs garda
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