La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE ser,lit lui, il ne peut s'<.:mp0chcr <le s'<'.:crier: cc i\Liis il me semble que je 111crénlltcrais ! .. » Et il se promet de « demander aux ouYricrs pourquoi ils ne se révoltent pas». Il le demande aussi aux capit:ilistcs. C'est d'abord M. Eugénc Schneider, nuitre sou,·erain du Creusot, cc pays où, scion l'expression du contre-maître, « il ne faut pas qu'on L,ronche !... On ks aurait Yite fait f1lcr, les récalcitr,111ts», c·cst<1-dire !es socialisn.:s, et « ils ,~raient forcés d'aller bien loin ciH.:rchcr du travail ». i\L Schneider est naturelleme:it maire de b ville et député de L1circonscription, puisque personnl'. ne « bronche » impunément; rnais il ignore qu.111tité de choses, notamment « cc que c\:st que le soci,dimc ». li croit que :--1. de i\lun veut supprimer les ptrons. Vous pensez si i\l. de Mun a proteste. li s'effare un moment ù l'idcl'. du désarmement l'.uropéen, qui pri- ,-crair ses mines dl'. grosses commandes, puis se rassérénl'. il lïdéc que cinq cent mille bus rendus ù lïndustric feraient b,1isser les sabirl'.S. Cet homme p.1rle du prix dl'.s ou\Ticrs comml'. il parlerait du cours de l.i houille ou de 1'.1Cicr. M. l lurct lui p.1rle de l'expropri.nion capitaliste que projettent les socialiste,, il cric naï,·cmcnt :1u Yol. i\l. I furet répond par l'accumulation et l'usure capit.1listcs, il riposte qu'il n'est pas un usurier, puis déclare trés m,1uvaisc l'inter- \'cntion c.le l'État. « Je n'admets pas du tout un préfet dans les gré,-cs ». dit-il. Pourtant, ,·oyons, monsieur, quand le préfet Yous amène les gcm!Jrmcs ?... C'est ensuite M. Eug,'.:nc Pereire qui veut laisser au temps et ù l,1 Jil-crté le soin de corrigl'.r les inégalités et les injustices sociales. Cl.:pcndant il ne nil'. pas que l'État soit « néccss,lirc dans Cl'.rtaincs » questions sociales. Cette déclaration jure singulièrement avec l'attitude du journal de M. Pereire, la Libl'! Il:, 011 règne 1'0conomisml'. le plus intransigeant. Puis c'est i\l. Coust0, président dt.: la chambrl'. de commcrcl'. de P:1ris, un gros monsieur pénétré de son importance, gui cite sans les co111prc11dreles phrases c.k l\l. \\-es Guyot sur la liberté et, mis au pit>ddu mur par lt.: malin interviewer, appelle les gendarmes au secours de l,t liberté capitaliste contre la libertc ouvriére. La conversation avec M. de Rothschild est d\111 comique froid et contenu qui en fait une des choses les plus réjouissantes qu'on puisse ,·oir. Pour ce roi de l'or, il n'y a c.k crises séril'.uses quc les crises financières. Quant aux ouvriers, ccib so11t trés satisfaits dt.: leur sort ,, t.:t« ils ne se plaignent pas du tout. ,, Cc sont les « meneurs >> qui font tout le bruit. « Save,.-vous cc que fera ]a majorité des ouvriers, si 011 leur donne la journ0e c.le huit heures? Eh bil'.n, ils iront boirl'. ! lis iront davantage au cabaret, ,·oilil tout. » li ,1joute, serré de prés par l'impitoyable i\1. Huret:« A part des exceptions malhl'.ureuscs, des accidents inévitables, chacun en général a la part de capital que méritent son intelligence, son éncrgil'., son travail proprl.:. » !\l. de Rothschild étant l'homme le plus riche de France, cela revient il dire qu'il en est le plus intelligent, le plus énergique et le plus laborieux. A moins qu'il ne se classe modestement dans les« exceptions malheureuses. » Il est fùcheux que 11. II uret n'ait pas poussé son investigation sur cc point. Un grand fabricant de Roubaix résume ainsi son opinion:<< Plus de religion, plus de morale, qu'est-cc que vous voulez faire:? » Cette opinion est exprimée ,\ quelques p.1s de Cl'.ttc rue <les Longues-J.laics, nid de misère dont M. Iluret trace un saisissant tableau. C'est aussi celle du duc de la Rochefoucauld, qui

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