La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA RE\TE SOCIALISTE miracle, au Jel.'t des forces humaines. Conclusion .'t part, cette deuxième partie est plus intèressantc et plus mouYeme11tèc que Lt première. Comme dans la Ptiq11c Soci11lisle, il est question d'une grè\'c et Je rapports entre ouHiers et patrons. Le tableau de la grèYe avec ces pau,-res gens qui végètent, ,-rais troglodytes, d.1ns des trous que le soleil n'èclaire jamais, a\'CC les iHognes qui css.1ient d'cnse\'elir leurs ch;1grins Jans l'alcool, a\'ec les justes explosions de colère que les vagues discours des p.1steurs cherchent en Yain .i apaiser, .1,·cc k suicide de cette malheureuse qui s'est frappèc, clic et ses deux enfants, moins encore p,ir excès de misère que pour crècr un irrèductiblcmotif de \'engeance, tout cc tableau est sombre et émouYant. Les re,·cndications des ou\'ricrs sont soutenues, d'abord par eux-mêmes, ensuite et surtout par une sorte d'illuminè, nommè Elias, qui se fait le ministre de leurs rancunes. Scion lui, imbu des traditions chrctiennes, l'èmancipation des humbles et des souffrants, ne peut s'obtenir que par le martyre : c'est le sang des ,·ictimes \'Olontaires, c'est le dé\'OUement fanatique des héros qui :ippelle l':ittcntion et engendre in\'inciblement l.t pitiè et la justice. JI se dc\'ouera donc, il commettra qrn:lque crime éclatant qui l'entrainera lui-mème dans l.i mort, ct cet acte atroce et gènèreux deviendra le plus f ècon<l des bienfaits. Cette thforie cst dèveloppèc :t\'ec hauteur et èloquencc. Or les patrons ont pour principal interprète, un certain Holger, homme tranchant et arrogant, pénétrè de tous les préjugés de sa caste, conYaincu de la supériorité fatale Jes dirigeants, mais humain puisqu'il donne sa propre maison pour fonder un hôpital, et sachant parler de ses Jc,·oirs aYec une certaine grandeur. Cet Holger a convoquè ses collègues :\ une rèunion qui a lieu dans un Yieux ch.iteau féod.11 récemment restauré, supposez le ch:lleau de Picrrc(onds par exemple. Il a mis une sorte d'orgueil ;\ choisir cet endroit qui symbolise aL:x yeux de tous la domination patronale. 1lais Êlias a profité de la circonstance pour miner le cMteau où il s'est enfermè lui-mème, a\'cc ses victimes, et le fait sauter par le moyen de la dynamite : il frappe des ètres indio-ncs et meurt martyr 1 - ::, - coté d'eux. Or, et c'est cc qui m'a paru neuf et original Jans I.1 pièce de 11. Bjornson, Holger, au moment de tomber s'écrie, lui aussi : << Je meurs martyr; puisse mon sang injustement répandu profiter à la société! » Et le crime et le Jérnucmcnt d'Êlias sont inutiles; l'effet moral de son martyre est neutralisé par l'effet d'un autre martyre. Ainsi, d'après l'auteur, les idées de justice développées au premier et au second acte sont impuissantes à s'imposer par elles-mêmes, par le rayonnement de la libre discussion. Les attentats à la dynamite, ni le martyre des dé\'oués ne pcuYent pas mieux réussir; donc la solution de la question sociale est au delà <les forces humaines. Et comme sans

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