CIIRONIQOE THÉATRALE quelqu'un qu'il doit reconnaitre;\ t:'ttons: il dit un 110111, nuis sans être.: jamais certain d'ayoir dcYiné juste. La prcmicrc partie d'A11 tic/ri riesforrrs ln111111i11cs agite grayc111c11t la question du miracle dans h religion chrétienne. fi s'agit d'un pasteur de foi si ardente qu'il opcrc des miracles, qu'il gucrit les malades, qu'il est lui-même prcscrYe des catastrophes terrestres, par excmpledc l'eboulcment d'une montagne qui lui tombe quasiment sur le dos. Pourtant la ProYidencc lui a refusé jusqu'ici h guérison de sa femme quicstparalytiquc depuis des années; cnfîn il rcdoublcdcfcr\"C.'llr ctscs pricrcs deviennent si instantes qu'il sau\"(; sa chl'.:rc malade, il la Yoit marcher vers lui ... ~lais 1101..1. clic fait quek1ucs pas, en effet, et c'est seulement pour mourir à ses pieds. Lui-m0mc tombe foudroye. Si en regardant cc dénouement Yous songez au titre de l'œunc, YOus pourrez conclure que, dans l'idec du pobe, le miracle e~t au delà des forces humaines. Est-cc bien cela? je n'en sais rien. Il aurait eté plus simple de dire ncttemcnt: « JI n'y a jamais eu de miracles; il n'y en aura jamais. Jamais aucun phénomcnc ne se produit que conformement anx lois, connues ou inconnues, de la nat"urc. » Mais le goùt du mcn·cillcux, miracles, apparition, spiritisme, tables tournantes, semble nous rerrendre dans le désœuncmcnt oü nous Yi,·ons, aussi bien en France qu'en l\,orYégc. Il existe dans A11 rie/ri ries forces l)//111ai11es une scl'.:ne assez curieuse : c'est celle où tous les pasteurs de la n:gion accourent et se réunissent pour savoir si réellement des miracles se sont produits grf1ccà la piété d'un d'entre.:.eux. Ils discutent, pl'.:scnt, examinent, ctudicnt les conditions de possibilité c.:"st e demandent en toute sinccrité si naiment il n'y a pas eu miracle. Or cette sccnC', qui nous arriYc de Christiania, je l'ai reconnue au thc'.-tttrcpour l'aYoir nie cc mois-ci à Paris dans la vie rcclle. \'ous vous rappelez que la \ïergc apparaît en cc moment de façon assez régulicrc aux bonnes gens d'un petit Yillagc de Normandie, Tilly-sur-Seules. Eh bien, la Société des Scie11cespsycbiq11rs étudie en conscience ces phl'.:norncncs et j'ai assisté :\ une réunion d'une trentaine de personnes, prêtres, médecins, savants, qui, ayant dc.:sloisirs, épluchaient des témoignages d'enfants et de Yicillcs femmes pour décider de l'existence matérielle des apparitions. Finalement, un homme avise, le chanoine Brette, du chapitre de Notre-Dame-de-Paris, a prouYc aYccs~rénitc dans un docte mémoire que ces apparitions, tenues par lui pour certaines, étaient le fait du Diable en personne. Et nul n'a rien dit, pas plus à la Société des Sciences psychiques qu'au théâtre de l'Œuvre. On a tout écouté ayec un sérieux admirable. Pauvre France, qui ne sait plus rire! La deuxième partie de l'ouvrage de M. Bjornstjcrn-Bjornson· est consacrée au socialisme et semble vouloir établir, si je me rapporte au titre, que la solution de la question sociale est comme le
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