La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA QUESTION SOCIALE D'E\.A:-.IT LES CORPS tu;s 217 Chambre des collègues, - ils ne siègent pas de cc cote (l'extrême gauche), je me lütc de le dire, - qui se rappelleront sans doute a\'oir lu comme mOI, cc qui suit, :\ moins qu'ils ne se rappellent l'ayoir écrit : « Ces fraudes gigantesques tendent toujours à soustraire aux constatations de la prise en charge la plus grande quantité possible de betteraves, toute soustraction réussie se traduisant par un profit net de 50 francs par 100 kilogrammes. « Le premier procédé, le plus enfantin et le moins productif, consiste dans l'emploi d'appareils Je pesage d'une contenance légèrement supérieure à la contenance conYc11tio11ncl le. A chaq uc pesec de bctteraYes pour la prise en charge, un boni est r<'.:alisépar la fabrique, absolument comme a\'Cc des balances plombées : plus un marchand Ycnd, plus il gag11c. « Dcuxicmc procédé : On « fait Yestibulc », ou « corridor)). Tandis que 1'011remplit de bcttera\'es une benne pour h pesée officielle, on la met c11communication aYcc l'intérieur de la fabrique par une om•crture habilement ménagée; les betteraves ne font q uc couler dans la benne, qui deYicnt une sorte de passage ou de corridor. Dans cette combinaison, é\·idemment en tn:s grand progrés sur la première, les bénéfices sont illin,ités. « La troisième méthode, c'est l'entente a\·cc les employés du fisc. En principe, ils sont incorruptibles; mais il est des accommodcmc11ts aYec le ciel : la co11ni,·e11cc d'un ou deux agents suffit, d'ailleurs, pour toute une fabrique, car on réussit à amçnagcr la fabrication de telle sorte que les prises en charge fo11ctionncnt surtout quand Yient le tour de surveillance des complices de la fraude. « Ceux qui accusaient ainsi, a\'CC les fraudeurs, les profits illégitimes prélevés sur l'État et en même temps sur les producteurs de betteraves, c'étaient les gouvernementaux du journal le Temps, dans un numéro de janvier 1887. ( Appln11disse111e11ts à l'extrêmegaucbe.) Les socialistes n'ont donc rien in\·enté, ils n'ont rien eu à inventer de cc coré, ils n'ont eu qu';\ ouvrir les yeux et les oreilles. )) Guesde conclut en présentant u11projet de résolution invitant le gouvernement à publier le tableau des bénéfices réalisés annuellement depuis trois ans par les diverses fabriquté!s de _sucre et par les raffineurs. Une discussion vive suivit: M. Georges Graux, rapporteur, vint en hâte défendre les incorruptibles bascules de nos fabricants, attester la pureté liliale de l'âme de ces messieurs. Une réplique tranchante de Guesde le ramena à la dure réalité, mais le projet de résolution fut tout Je même repoussé par 367 voix contre 137. Dans la même séance, Jaurès infatigable, fit passer une sueur d'agonie dans le dos de ces intéressants spéculateurs qui, depuis plu-

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