216 LA RE\'UE SOCIALISTE loi de 188--1-, faite p0Lir les capitalistes sous le cou,·crt Je l'intérêt national. Les traYailleurs industriels ou agricoks n'en ont tiré aucun bénéfice. << En 1881-82, aYant Yotre loi protectrice, lorsqu'il n'ctnit « pas protcgc, le personnel des sucres touchait comme salaires moyens « de la journce : les ho111111e3s fr. 97; les femmes 2 francs; les « enfants 1 fr. 76. En 189--1--95, le salaire moyen est tombé, pour les « hommes, à 3 fr. 7 I, en moins 26 centimes; pour les femmes, à <( I fr. 77, en moins 23 centimes; pour les enfants, :i. 1 fr. 51, en « moins 25 centimes ... « Il y a, en outre, diminution du nombre Je ceux qui YiYaient, « quoiqu,-ils en ,·ccussent mal, de la fabrication du sucre: de 65,293 ou- « niers en 1881-82, ils sont tombes à 50,509 en 1894-95. Ces chiffres « me sont fournis par le B111leti1d1e stalistiq11ret de frgislrtlio1c1o111parée. (( 15,000 traYaillcurs sur 60,000 ont etc priYcSde travail, c'est-ù-dirc « de leur seul moyen d'existence, par YOtre législation protectrice du « traYail national! >) Cette lcgislation, en excitant au plus haut dcgrc le progrcs mccanique et le perfectionnement industric:l, a diminue la part de la main-d'œune. Cette conséquence fatale du progrès indu~tricl en rcgimc capitaliste ya SC dcYcloppcr toujours ;\\-CC plus d'acuitc, puisque d'ap1ù le journal la Sucrerie i11digè11ccl colo11iale, l'objectif poursui\"i par les fabricants, c'est la diminution de la main-d'œunc jusqu'à sa limite extrême. Le paysan n'est pas mieux traite. Avant la loi Je 1884, la culture faisait 50,000 kilogrammes de bcttcraYes ù l'hectare dans un terrain trcs productif. A raison de 20 francs la tonne, cela donnait 1,000 francs. Aujourd'hui, dans cc même terrain, on rccoltc 25 à 30 tonnes i l'hectare de bcttcraYc riche en sucre gui, Ycnduc it raison de 2 5 francs, donne 700 ,\ 750 francs par hectare : perte nette : 250 francs. AYec la betterave pauvre d'ayant 1884, point n'ctait besoin d'engrais chimiques : aujourd'hui il faut nourrir le sol :'1 mesure qu'on l'épuise. Cette nourriture du sol coùtc 200 francs par hectare et par an, cc gui augmente la perte nette de 200 francs par an, total : 450 francs. La bcttcraYe riche en sucre a enrichi le fabricant et appauni le paysan. D'autre part - contraste naiment aigu - sucriers et raffineurs (l\l. Siegfried l'a démontré sans contestation possible) se sont partagés depuis 1884 45 millions par an. Guesde cite alors le bcnUice annuel d'un grand nombre de fabriques gui varie de 200 à 500,000 francs et termine son cnumcration en indiquant le plus gros chiffre, chiffre joyeux et fantastique, celui d'une usine du dcpartemcnt de la Somme, à Abbeville, gui a réalise un béncfice de 1,078,120 francs dans une annce. Quant aux fraudes employées par les fabricants, écoutons cc passage dcmonstratif : « Je me rappelle aYoir quelque part lu - et il y a dans cette
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==