LA QUESTIO~ SOCIALE DE\"A).;T LES CORPS ÉLUS 2 I 5 Nous ne pouYons, on le comprendra, résumer les multiples objections opposecs :i Jaurès par le gouvernement, par M. Brincard, par M. Jourdan (du \'ar), ni les réponses souples et précises de l'orateur socialiste. Rappelons seulement gue le contre-projet tendant :i attribuer,\ l'État le monopole de l'industrie du sucre a été repoussé dans la scance du 25 janvier par -~39Yoix contre 82. Dans la même séance, .l\I. Siegfried a pu faire YOter la prise en considération de son contre•projet tendant ;'t abaisser de Go francs :\ -1-5francs le droit de consommation excessif gui pése sur les sucres et ;'t augmenter de 5 francs par 100 kilogrammes la taxe de 30 francs gue paie le fabricant sur les excédents de .rendements. Le droit de consommation étant de Go francs les 100 kilogrammes, lcs fabricants bénéficient par suite d'un boni de 30 francs sur leurs excédents de rendement, cc qui les stimule i augmenter ces excédents par le perfectionnement de lcurs méthodes. Mais au clt:but de Li st'.:ance suiyantc, i\1. Siegfried a dù subir les deux rapports de M. Graux au nom de b commission des doua11es, et de M. Krantz au nom de la commission du budget, l'interYention du prt:sident du conseil et du ministre des finances accourant au secours de l'impôt sur les sucres menacé. Jaures a YiYement dl:fendu l'amendement Siegfried, gui relêverait certainement la consommation du sucre par l'abaissement du prix du Yente, et il a proposé de joindre au sacrifice rnesurt: demandé ;\ 1:i fabrigue de sucre une charge spéciale a imposer aux raffineurs, conformément :rn principe que M. Krantz avait défendu sans succés. La Chambre, reYenant sur son premier vote, a repoussé le projet de dégréYernent, inAigeant ainsi aux esperances prématurement conçues.un prompt démenti. L'article 1er n'était pas encore au bout de ses peines; il devait subir un autre assaut, cL'iui gue vint lui donner Guesde (séance du 28 janvier) dans un discours solide et documentt:. L'organisation du systéme des primes a la sortie, dit le deputé du Nord, aboutit à une aggravation de la surproduction générale du sucre, gui est un phénomène normal de la société capitaliste atteignant toutes les industries. La surproduction aiguë frappera bien d'autres produits, le vin, par exemple. Pourra-t-on refuser à la viticulture menacée de ruine ce que l'on accorde aux sucriers? Si on laissait bénéficier de la prime les ouvriers des sucreries et les cultivateurs dè betteraves, si on cons~ntait en adoptant le projet Siegfried a quelques avantages en faveur des consommateurs, nous aurions pu voter le projet. Mais vous n'accordez aucune part de cet avantage ni aux ouvriers ni aux paysans; les consommateurs paieront 2 fr. 50 de plus, et peut-être davantage, par cent kilogrammes de sucre. A qui la prime servira+elle? Uniquement au riche syndicat des raffineurs. C'est la continuation du systcme de la
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