La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA QUESTIO:-1 SOCIALE DE\.ANT LES CORPS ÉLUS 2 I 3 de loi commune, dispensent quelquefois beaucoup trop de l'analyse délicate de la réalité économique. Or, une des raisons d'être les pins puissantes de notre parti, c'est.sa conception de l'importance prépondérante du mouvement économique et par suite l'obligation pour lui de participer activement à des débats de cc genre; ce qui lui donnera l'occàsion de rencontrer du reste à chaque pas la confirmation des lois d'éYolution de la société capitaliste. C'est pour cc motif que l'interYcntion <le Jaures et de Guesde dans cette discussion nous semble dénoter de leur part une Ync bien exacte de la rn'.:ccssité d'aborder de front les questions pratiques. Jaurès, au début de son discours, s'est du reste défendu de confondre l'établissement d'un nou,·eau monopole d'État a,·cc l'organisation collectiviste de la production. Il est impossible de constituer dès maintenant une sorte de fragment anticipe de l'ordre socialiste. Les solutions proposées sont des mesures transitoires. En effet, la crise de l'industrie sucrière existe : crise sur le marché intérieur qui est accablé, crise sur le marché extérieur par l'exportation qui se resserre. Pour développer la consommation intérieure, il faudrait dégreYcr l'impot de consommation; cc qui est impossible actncllcmcnt, parce qu'on a repoussé la transformation énergique et profonde de notre systt'.:mc d'impots qui eùt permis de trou,·cr les ressources de remplacement. Le marché d'èxportation est exposé à toutes les luttes de b concurrence uniYcrscllc : chaque nation tend :i s'organiser pour la production internationale. Le régime capitaliste, c'est nécessairement la guerre, et il ne désarmera qu'en disparaissant. L'établissement des primes ne réalisera donc pas une sorte d'équilibre stable snr le marché extérieur. Quant à la conf<'.:rencc internationale des sucres qui ya se réunir, impossible de croire à son succcs. L'Allemagne peut être une grande puissance d'exportation sucricrc : elle concentrera Yers cc but tout son effort fiscal et industriel. La lutte n'est donc point finie. Bien d'autres sacrifices seront nécessaires. DeYons-nous imiter l'Allemagne et voter des primes :i la sortie? Mais il est étrange que le gouvernement n'ait retenu de la législation de combat de nos voisins que cc qui c011cerne les primes. SuiYons l'exemple de l'Autriche, dont le ministre des finances a promis, an moment même de la discussion, d'apporter dans les six mois une loi de répression fiscale et de répression pénale contre les syndicats de grands producteurs et raffineurs. En Allemagne, la loi établit deux ordres de dispositions hardies : d'abord, c'est un inipot de fabrication calculé progressivement; à mesure que l'importance de la fabrique s'accroît, l'impôt sur le produit par cent kilogrammes de sucre s'élcve et va du simple au double. Cette mesure n'aura pas pour effet d'empêcher la concentration industrielle fatale, mais de la régler et de la modérer.

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