La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

212 LA RE\'UE SOCIALISTE technique industrielle et agricole. Le fabricant et le CL1lti,·ateur se trou\·aicnt n:compensés, par un abandon partiel de l'impôt, l'agriculteur est stimulé par cet ab;111donà augmenter le renJement en sucre <lela bcttcra\'e (qui a passé de 5 °/o de sucre à IO 0 /o en Fr.rncc et qui a atteint 13 ° o en .\llcmagne) et le fabricant à diminuer les frais de fabrication. Néanmoins l'Allemagne, qui Yit depuis quarante ans sous la discipline et l'entrainement de cc régime, produit ù un prix de re\'icnt inférieur. Un hectare donne en Allemagne un quart de plus de bcttcr.1Ycsqu'en Fr:111cc;les salaires agricoles et industriels sont moins élcYés. « Il y a un troisiéme élcment dont il importe de tenir compte : « il est capital; c'est que si on Yeut redu ire le prix du sucre à son « minimum - il en est des sucreries comme de toutes ks marchan- « dises - il faut produire beaucoup, il faut clargir le m,1rché au lieu << <lele resserrer. En Allemagne chaque usine produit en moyenne « --1-0,000 quintaux; en France, quoiqu'il y ait progrés, et malgré le « resserrement de la production dans un plus petit nombre d'usines, « cc qui est une loi presque f.1ule, la production moyenne n'est que « de 19,000 quintaux.>> \'oil:'i excellemment confirmée par un ennemi la loi socialiste de la concentration de l'industrie et <le la production. A ces c.rnses d'infcriorité sur le marche extérieur, s'en ajoute une derniére : le systéme des primes à la sortie adopté par l'Allemagne depuis 1891. Depuis cette epoqne l'exportation française baisse de plus en plus. Pour activer la marche naturelle des choses et nous chasser d'un coup du marché anglais, l'Allemagne vient de doubler ses primes. La réponse de l'Autriche a été prompte : peu de jours aprés, clic établissait à son tour des primes ù la sortie. Dc,·ant cette double concurrence, nous dc\'ons à notre tour foyoriscr l'exportation du sucre au moyen d'une prime qui imposera, il est nai, un léger sacrifice :'i la consommation française. Aprés Li discussion générale assez terne, sauf le discours de i\I. Ribot, la Chambre a décidé qu'elle passerait à la discussion de la loi. C'est à propos de l'article 1er, qui fixe une prime d'exportation Yariant de 3 fr. 50 :'i -+ fr. 50 par cent kilos sui,·ant ks différentes qualités, que Jaurés a defcndu l'article 1er du contre-projet deposé par le groupe !>ocialiste, ainsi conçu : « A partir du 15 mars prochain, « l'Etat excrccr.1 seul l'industrie de la raffinerie du sucre. Il entrera « en possession immédiate des établissements et de l'outillage. » Ce mémorable discours, par lequel Jaurés s'est réYélé orateur d'affaires de premier ordre et qui montre toute l'ctendue d'esprit et l'etonnante souplesse de compréhension du deputc de Carmaux, mérite d'être lu. Il nous semble caractériser une nouvelle phase de l'évolution du parti socialiste : nos rcpresentants sortent des généralités vagues, des doctrines d'ensemble qui, embrassant tous les faits dans une sorte

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