La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LAQUESTIONSOCIALEDEVANTLESCORPSÉLUS 211 Malgré la haute cnYoléc morale de ces considérations, la Clumbre a rcpouss<.'.;:\ une forte majorité l'ordre du jour Carnaud. Deux jours apres clic acceptait aussi l'augmentation des r<.'.:compcnscs nationales : la proYision de croix et cordons Yariés était en effet épuisée par la large consommation qu'en fait M. Méline en fa\·cur des gros actionnaires de la Rép11bliq1F1era11çaise. Les manifestations catholiques de la Chambre ont pu nous indigner, il y a deux ou trois ans. Aujourd'hui c'est chose faite et enregistrée : il y a au Parlement une majorit<.'.h:ypocritement cl<.'.:ricalcD. e tous les cléricaux, les plus détestables sont ceux qui ne YOnt pas à la messe. Ils n'ont pas le mérite de la foi, mais ils la scrYcnt d'autant mieux. Nos députés subirent une dure éprciivc dans la séance du 21 janvier; Roua net et Gérault-Richard proposcrcnt l'abrogation de la loi de 1873 concernant l'église du Sacr<.'.:-Cœudr e Montmartre. On . sait que cette église a ét<.'é.:levée comme un acte de repentir de la France justement clütiée en 1871 pour son incrédulit<.'.e: t ses péchés. Cet outrage à la RéYolution, cette arrogante manifestation de la domination du parti prêtre, ont été tolerés trop longtemps. En 1882, l'Asscmbl<.'.:pcrit en considération, par 261 voix contre 199, un projet semblable à celui de Rouan et; mais l'affaire en resta 1:\. La discussion, cette fois, a été surtout juridique. Les diYers orateurs envisagércnt surtout les conséquences matérielles et légales de la désaffectation de l'église de Montmartre. Goblct, Vi\·iani, l'abb<.'L.:emire, de Mun intervinrent, et en fin de compte l'urgence de la proposition Rouanct fut repoussée par 332 voix contre 196. Il est vrai qu'elle a ëté prise en considération par la commission à laquelle elle a ét<.'.r:cnYoyée. Mais qu'en adYicndra-t-il dc\·ant une pareille Chambre? La question qui domine les débats du mois de janvier, celle qui est de beaucoup la plus intéressante tant par son objet même que par l'éclatante intervention du parti socialiste, c'est le projet de loi relatif • au régime des sucres. M. Ribot, dans la séance du 19 ja1wier, a fait un exposé trcs complet de la question : L'industrie sucricrc était, il y a 25 ans, une industrie éminemment française. Nous tenions la tête et comme producteurs et comme exportateurs; à cette époque nous produisions 450,000 tonnes, l'Allemagne 250,000 et l'Autriche ro6,ooo tonnes. Vingt ans apn'.:s nous voyons la production allemande atteindre 1,831 ,ooo tonnes, celle de l'Autriche I ,046,000 tonnes. La France au contraire passe modestement de 450,000 tonnes à 745,000. En 1884, la sucrerie française fut trés gravement menacee par la concurrence étrangcrc. On vota la loi de 1884, qui regit encore la maticrc, et qui contient un systcmc d'encouragements divers, imité du reste de la législation allemande, tendant à activer le perfectionnement de la

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