La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

210 L.\ RE\"UE SOCIALISTE l'ont fr,1ppé en pkinc poitrine .. \ussi pourquoi s'est-il enhardi à sui ne k co11scildu cl,1.,siquc Boilc,w en appelant u11chat un ch,1t, etc. Sa conclusion a dù rnirc ù œrtaincs l'.:paules : « Je crois quc les dl'.:putés « qui donneraient sans rb,crn: leur approbation au gou,crncmcnt « encourraient une tn'.:s gra\·c rcsponsabilit0, parce qu'ils pourraient << pcut-1'.:trc indiquer par Li qu'eux aussi attcndc11t k moment de << passer à la c1issc. » Le ministre des colonies, J\I. ,\ndré L1.:bon, a, comme toujours, inrnqué J'i11tl'.:n:1t 1ational; ml'.:diocrc et hypocrite dUaitc qui a amené Jaurés ,i Li tribune. Tout le monde a lu cc discours h.rntcmcnt ironique, amer et bref. Le gouYcrnernc11t qui Yeut donner au p,1ys l'imprcs- ,ion de la cohérence et de l'unitl'.: dans ses dcsscins cnYoic eu lndoChinc un dc ses aJ,crsaircs, dénonc0 bruyamment par lui comme un stl'.:rileagitateur. Si k ministre a cru dl! bonnc foi foin.:acte dl! patriotisme et de bonne gcstion gouYl.!lïll.!mcnt,dc,ch bicn ! il est un grand mcconnu; car il n'y a personne - amis ou e11ncmis -:- qui n'ait cru au contrairc ,l une co111bin,1isonpolitique. Cu acte jcttl.! un grand discrcdit sur le Parkment d'abord et sur ks institutions libres dksmêml.!s. Yoilà cc qui fait sa gr.1Yitc. - Depuis un an, la Chambre en a,·ait pour ainsi dire fini ,tYcc u11cpolitiqul.! cguiYogul.! et dangereuse. Dn1x conceptions s'étail.!nt heurtccs dans une grande bataille d'idccs : « Aprés les tl.!mps troubles l.!tfangeux que nous aYions traYersés, et « dont, je Yous le jure, nous ne \·oulons pas prolonger le souYcnir, « apn::s les tristes périodes où l'on aYait essayé de supplccr .i l'absence « de toute politique par de louchl.!s et <:LJUiYoquctsransactions d'inté- « rèt pri\'c, c'ct,lit un soulagement pour le pays, c'l'.:tait un honneur « pour la Rcpubliquc elle-rnèmc d',tssistcr enfin de nouYeau aux nobles, « aux purl.!s et loyales L)Jtaillcs d'idl'.:es - programme contre pro- « gramme, doctrine contre doctrinl.!, drapeau contre drapeau! C'est la « lutte, c'est la Rl'.:publiquc, c'est l'honneur. » - C'est alors qu'on saisit le représentant de la doctrine et de la politique adYcrscs et que, ne pou,·:111tle briser, on le lie d'une ceinture dorcc d'Annam et de Tonkin. On pousse ainsi les masses Ycrs le césarisme « par la dcccp- « tion, par Li désillusion, par le spectacle de ces tri~tes marchés qu'au « fond Yous regrettez tons, j'en suis sûr. » - Nous prions la Chambre, dit Jaures, de dégager sa rcsponsabilitt:. « Jusqu'ici, il y a eu la faute, « la faiblesssc, la défaillance d'un seul homme, et aussi la faute, L1 « tentation 111,rnYaisdc'un gouYcrnemcnt. Eh bien! nous demandons à « la Chambre de ne pas se solid,iriscr tout cnticre avec cet acte. Elle « n'a pas le droit Je solidariser la rcprcsentation nationale, clic n'a « pas le droit de solidariser la Rcpubliquc a\'cc des actes suspects « qui ne peuYent que compromettre dans ce pays les libcrtl'.:spubliques « dks-mêmcs ! »

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