La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

I2 LA RE\"UE SOCIALISTE cent quarante mille francs, pour que ces traYaillcurs n.:dc\·insscnt propriétaires de cc formidable outillage. S'ils comptent s_urleurs scul_es économies, les .1gc11tsdes chemins Je fer sont encore 10111,on le Y01t, de réaliser leur ideal de propriété. I \' Les docteurs de l'économie politique affirment qu'en somme cet idéal est réalisé, ou:\ peu prcs. Par sa mobilisation, la propriéte est deYcnuc accessible ,i tous. Qu'importi.: qu'on ne puisse plus dire : « Cette maison, cc champ, cet outillage est :\ moi, à moi tout seul », si l'on tire de ces choses les jouissances qu'elles procurent. Chacun n'a pas sa Yoitun.: .i soi, mais des YOiturcs publiques transportent quiconque le désire pom une somme minime. Chaque mL·11.1gc 11'.1 pas son potager et son \Trger, mais les légumes et les fruits produits par le mar,1ichcr et le j;1rdi11icrsont :1111c11éàs peu de fr,1is sur la table de ch.ique mén:igc. Et ainsi du reste. Il est certain que cc: qu'on recherche dans Lt propriété, cc n'est pas tant la possession en soi que l'utilité qu'on en peut tirer, et les économistcs ont sur cc point une Yuc des choses plus réaliste que lcs juristes et les métaphysiciens. Quand ils constatent que la forme capitaliste de la propribé industrielle a été un mcrYeillcux moyen de multiplier les produits tout cn diminu,1nt leur Yalcur, ct p.ir ainsi de les mcttrl' ù l.t disposition d'un plus gr,rnd nombre de consomnutcurs, ils sont également d,rns la Yérité absolue. On ne peut nier que la consommation moyrnnc de cc temps est,\ la fois plus abond,1ntc et plus Yariée que la consommation moyenne des époques où la production et les transports s'opéraient par des moyrns individuels et rudimentaires. L'organisation capitaliste substituée à l'inorganisation industrielle primitiYe est donc, en somme, un bienfait social, puisqu'elle permet à un plus gr.rnd nombre d'individus de jouir des fruits de la nature et des produits de l'industrie, et les critiques qu'on peut clcver contre clic ne pourront porter que sur des détails. Aux petites monarchies industrielles et commercialcs, onéreuses irrnorantes tracassicres ' ::, > ' succédent les grandes républiques de la production, de la circulation et de l'échange, qui sont deYenucs Je Ycritables forces sociales. Qu'étaic1{t l'industriel et le commerçant aux. époques où leur actiYité s'exerçait par de petits moyen~ dans un r,1yon de faible étendue? Moins que rien au regard du prêtre, du magistrat, du noble Les labeurs de l'industrie et de l'cchange étaient obscurs autant que méprisés. La socictc reposait sur ceux. qui s'y consacraient, en les écrasant. Les luttes entre les puissants de la terre les deYastaicnt, et les rcjouissances

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==