180 LA REYUE SOCIALISTE considérables pour qu'ayant fait le rachat de toutes les terres l'État puisse par eux amortir toute sa dette et assurer, sans impots, tous les serYices publics. _ M. "\\'alr:is fait obserYer à son tour que l'Etat ne bénéficie de ces a\'antages qu'envers ceux de ses concurrents qui sont spéculateurs; il n'en bénéficie pas e,wers ceux qui sont détenteurs d'épargne : en effet, si le spécubtenr, si l'État lui-mèrne est forcé d'emprunter, le d..'.:tcnteur d'éparcme au contraire, a son araent d':iyance, et enfin il v :i aussi 0 ) 0 .J une perpétuité de l'épargne; l'épargne s'hérite réguliéremcnt de pére en fils : le détenteur d'ép:irgne, lui aussi, peut donc ne toucher son dù qu'à trés longue éché:incc et conclure des baux à trés long terme. Si, pour s'assurer de plus grands ayantagcs prochains, il néglige de le faire, c'est qu'il trahit les intérèts de sa ligncc, c'est qu'il se vend en Yiagcr, lui et les siens, en un Yiager dont l'éché:ince est ;\ plusieurs vies, mais en un Yiager : c'est une opcr:ition tout cgoïstc sur laquelle il n'est pas normal de compter. Ainsi, d'une p:irt, si l'État rach<':tc les terres :in prix prcsent, il dcpossédc les propriétaires présents de la plus-Yaluc future qu'ils ont :ichetéc; il ne respecte pas l'ètrc cconomique. D'autre part, s'il r:ichétc les terres au prix ..:ourant, il n'est pas normal qu'il bcn..'.:ficicdes :ivantages qui lui sont propres; il ne saurait en benéficier sans alt..'.:rerle droit social. Est-il donc impossible de calculer le rachat des terres sous cette condition qu'il respecte ;\ la fois exactement l'être ..'.:conomique et le droit social? Jvl. \"\':ilras ne le pense pas. Il distingue en effet dans la plus-Yalue future deux parts : celle qui vient de cette circonstance que la socictc présente est une soci..'.:té progressiYe; celle qui Yient de cette circonstance que la sociét..'.:prcscnte est en g..'.:ncralsur le point de passer à 1'[1gcindustriel. Or les proprictaircs présents, scion lui, ont bien pu calculer pins ou moins explicitement la prcmiérc part, ils ont pu l'acheter et la p:iyer; m.1is ils n'ont pas dù penser à la seconde part; ils n'ont pas dù la c:ilculer, ni l'acheter, ni la payer. Il n'y a donc pas lieu de h racheter aYec le reste. L'État fera le rachat des terres à un prix nouYe:iu, qui en sera le vrai prix normal, d..:tcrminé par le calcul en faisant figurer p:irmi les données du problème la première part de la plus-Yaluc future et en n'y faisant pas figurer la dcuxiémc. L'État ne bénéficiera que de ccllcci, mais son bcnéfice, même ainsi rcduit, ser:i suffisant encore : aprés 11t années, pour parler :ivec M. Valras, l'État finira d':imortir sa dette, y compris l'emprunt qu'il aura dù contracter pour faire le rachat mèmc; il sera redevenu le proprictaire de toutes les facultés collectiYes ; il pourra commencer d'assurer avec ses ressources personnelles, sans aucun impôt, tous les services publics; il n'aura pas dépossédc un , seul proprict:iirc de sa propriéte individuelle en tant qu'elle Yalait,
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