UN ÈCO'.\'OMISTE SOCIALISTE : M. LÉON WALRAS I Ï 9 siques et à transformer ainsi l'ètre physique, ce n'est qu'en disposant pour nos fins les lois physiques clks-mèmcs, sans jamais les altérer, ainsi i\L \\'airas, pour transformer l'ensemble des phénoméncs économiques, Ya disposer, sans les altérer, une série de ces phénoménes. Il a en effet remarqué, aprés James i\lill et Gosscn, que, dans une socil'.:té progrcssiYe, la rente fonciérc est en plus-Yaluc constante; il .1 remarqué le premier que, dans la société présente, la rente fonci0rc serait, sans tarder beaucoup, en plus-Y:iluc fortement croiss:intc. Une sociétl'.: progrcssiYc est une société oü la population augmente et où s':1cc1oît le capital, c'est-:\-Jin:, en dernicre analyse, l'ensemble des richesses produites et 11011 consomml'.:es, des richesses réscrYécs, présentes, prètcs et disponibles : dans une telle société, Li rente fonciérc est en plus-Yalue const:intc, c'est-à-dire que le service de l.i terre croit constamment en Yaleur, que la part de la terre dans l'ensemble des Yaleurs e\t de plus en plus grande, absolument parlant. Cc n'est pas tout : l.t ~ociété présente, a remarqué .i\l. \\·airas, passe en général de l'.\~e agricole ù l';\gc industriel et commercial; :\ peu prés partout, la culture indu trielle ou intensive tend à n:mplacer la culture agricole ou extensive. C'est là une transformation d'une importance capitale et la rente fonci0rc en doit recevoir une plus-Yalue trés fortement croissante. Or ces deux conditions, ces Jeux circonstances, que la socil'.:té présente est une soci0té progrcssiYe, et que la société présente passe de l'Jge agricole :\ l':\ge industriel ne sont pas données aux détenteurs actuels de la terre par un emploi, par un exercice indi\'iducl de leurs facultés individuelles. Cc sont là des conditions d'origine sociale, des circonstances d'origine sociale, et non pas d'origine indi,·iduclle. Des lors il est juste que le produit Je ces conditions, l'effet de ces circonstances, lui aussi, soit social; il est juste que la plus-,·alue ainsi produite soit attribuée :\ la société. Allant jusqu'aux derniércs conséquences de cc principe ainsi posé, Mill YOulait que l'État bénéficiftt de toute la plus-\'alue future. Il suffisait, pour qu'il en fùt ainsi, qu'elle fùt absorbée par l'impôt. Plus tar<l, Gossen remarqua trés bien que les propriétaires presents ont acheté, avec leur terres, la plus-value éventuelle de ces terres. Il n'est donc pas juste que l'impôt la leur enléYe. Il conviendra que l'État rachétc les terres, et les paie au prix courant, comme un simple individu. Il bénéficiera seulement des :1Yantagcs que lui assure saperpétuité. Il emprunte :\ meilleur marche que les particuliers, peut ne toucher son dù qu'à trés longue échéance, conclure des baux à trés long terme : autant d'avantages dont l'État bénéficie dans la concurrence qu'il soutient contre les individus, et ces avantages sont assez
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