LA REVUE SOCIALISTE aussi construire une societe idcalc qui satisfasse :'t la condition donnée que Li richesse sociale y soit répartie en exacte justice entre toutes les personnes morales; et enfin il nous faudra, puisque t--1. \\'airas est bien décide :i ne pas se contenter d'une solution qui ne respecterait pas :'t la fois exactement l'être économique et le droit social, calculer, s'il se peut, ks meilleurs moyens de transformer l'être économique, tel qu'il nous est donne, sans jamais cesser de le respecter, jusqu'à cc qu'il soit conforme ;i l'idéal social, sans jamais altérer celui-ci. Rechercher l'i<leal social, rechercher les moyens de le réaliser : telles sont ks deux fins que s'est proposccs M. \Valras. Il commence par distinguer deux classes de personnes morales, celles dont l'origine est indi\'iducllc, soit les individus eux-mêmes, ks familles, les associations Yolontaircs, -- et celles dont l'origine est collecti\·c, soit les États, les districts, les communes. - Il nous sera plus simple de ne considérer que les indi\'idus pour la prcmiére classe, et l'État pour la dcuxiemc. Scion M. \Valras, la richesse sociale sera repartie en justice exacte si chaque personne morale obtient, au moment de la repartition, la part de richesse qu'elle a produite J\'CC les moyens qui lui sont propres, a\'ec les moyens qui sont à clic, qu'elle posséde, aYec les moyens dont clic est proprietairc. Laquestion re\'ient donc à chercher de quels moyens chaque personne morale est proprietairc. Scion M. Walras, les indiYidus ont la propriété de leurs facultés indiyiducllcs; reste à l'État la proprieté de tous les moyens qui ne sont pas facultés indiYiducllcs et que par suite aucun indi,·idu ne saurait posséder, la propriété des moyens collectifs, de cc qui se pourrait nommer les facultés collecti\'es, par exemple de la terre, de cc qu'on appelle commodément les autres grands moyens de production, sans oublier les grands moyens de communication et d'échange (r). La société ideale sera donc celle où, parmi les moyens de production, les indiYidus posséderont leurs facultés indi\'iduclles et l'État les facultés collcctiYcs, où, parmi les richesses produites, les indiYidus obtiendront celles qu'auront produites leurs facultés indiYiducllcs et l'Etat celles qu'auront produites les facultés collectiYes. De leur part les indi\'idus feront cc qu'ils voudront scion les lois de la libre concurrence; ayec la sienne l'État sera chargé d'assurer les scn·iccs publics. Tel étant l'idéal social, comment le realiscr sans jamais cesser de respecter l'être economiquc? De même que, si nous arrivons a nous asscr\'ir certaines lois phy- (1) Page 347. Note. (Réalisation de l'idéal social. Theorie mathématique du prix des terres et ,k leur rachat par l'État.)
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