IïO LA REVUE SOCIALISTE des rivaacs éloianés, nous sommes contraints de disséminer nos forces, 0 0 et, au cas d'une rupture de la paix, nous aurions une immense étendue de càtes à defendrc. Lavelcye l'a <lit en termes expressifs: « Dails l'état actuel du monde, une colonie maintenue par l'armée peut aisément ressembler à une meule attachée au cou d'une nation)), et Scclcy conclut « que la possession d'un territoire n'est pas une compensation aux dangers courus )). Nous n'insistons pas sur ces considérations, mais il importait qu'elles prissent place à cè>té des obser\'ations d'ordre économique et moral déjà présentées. L'état moderne est triplement compromis par l'expansion démesurée des appétits capitalistes. POUR QCI LES PROFITS DE LA COLONISATION? Si l'on recht:rchc à qui Yont les profits de la colonisatio,1, quels sont les bénéficiaires de b gigantesque consommation de capitaux que la France a faite en ses possessions depuis quinze ans, l'on rencontre encore les éternels Yampircs du monde contemporain : les grandes sociétés anonymes p:1r ;iction ou les p:1rticuliers ;irchimillionnaircs. C'est pour quelques milliers d'individus, familiers des ministres, et déjà gorgés d'or, que les citoyens fr:rnçais ont été mourir sous des climats brùlants et que le Trésor public a dé\'ersé ses richesses fécondantes sur les sables du désert. C'est pour consolider dans leur fortune héréditaire les classes dirigeantes, qu'on a prélcYé sou p;ir sou sur le proletari:1t les centaines de millions gaspillés par toute la surface du globe. Les hommes qui, à l'interieur, exploitent dejà le capital n;itional, qui ont monopolise l'emission du billet de banque, l'extraction de la houille, la construction des Yoies ferrées, ont encore trouvé moyt:n d';ijoutcr à leurs domaines notre empire asiatique et ;ifricain. Cc sont eux qui détiennent les reseaux alge:-iens, dont la garantie d'interèts monte sans cessc,excedc 22 millions ..... Ils n'ont rien à craindre. Les conservateurs mêmes - tel Burdeau - ont beau denonccr les conYentions nefastcs et honteuses que l'État a passées aYec eux, et qui leur garantit un enrichissement continu et sans contre-partie, nul ne touchera a leurs priYilèges parce qu'eux ou leurs amis siégcnt dans les conseils du gouYcrm:ment. Cc sont eux aussi qui ont cxecuté à des prix exorbitants, moyennant des avantages usuraires, les routes et les ponts, et les ports du Tonkin, du Senegal, de la Reunion et d'ailleurs. Ah! l'on conçoit qu'ils réclament la guerre, la guerre toujours, puisque chaque kilo-
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