La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LACOLO:-iISATIOSONUSLATROISIÈMERÉPUBLIQUE 165 VIII SUITEDESCONSIDÉRATIOcNomS1ERCIALES Nos dépendances nous facilitent-clics du moins les échanges avec les pays qui les entourent, et nous constituent-clics, dans la concurrence internationale, un Uémcnt de succés? Il n'en est rien, et ici encore nous allons trouYer déconcertées les pré,·isions de Jules Ferry et de ses amis, qui prétendaient forcer en peu d'années les barrières qc la Chine et y crèer un marché de 300 millions. • ;\Jotrc commerce aYcc le Céleste-Empire, qui atteignait 18 millions en 1889, est tombé à 5 en 1893, ;\ 2 1/2 en 189-+,pour se relcwr pèniblcmcnt :i 3 en 1895. L'Allemagne, qui ne dispose pas du moindre poste en Asie, réussit à glisser dans le monde jaune pour -+omillions de produits et rien ne Yient contrarier la croissance incessante de ses ventes. Pendant que 20,52ï navires anglais, jaugeant 20 millions 1/2 de tonnes, circulaient dans les mers chinoises en 1895, et que l'Allemagne y venait au second rang avec 2,-+29navires et 2 millions de tonnes, notre paYillon tombah au sixicmc rang a,·cc 293 naYircs et 35,000 tonnes. \'oilà les résultats admirables <lela guerre de 1883-1885 et des prodigalités tonkinoiscs. Au Siam, notre situation est· plus piteuse encore, car le tableau général du commerce ne rclcvc à notre actif aucune importation dans cc royaume. Dans le port de Bangkok sont cntn'.:s,en 1893, 3ïl bàtimc;,ts anglais d'un tonnage de 306,000, 62 allemands d'un tonnage de 5ï,OOO, 55 suèdois d'un tonnage de 35,000 et 6 français d'un tonnage de 2,000. Continuons cette revue de nos échanges avec l'Extrémc-Orient, puisqu'aussi bien, d'aprcs les coloniaux, cette région devait se donner tout entière à notre industrie et imprimer à notre marine marchande une impulsion considérable. Aux Indes anglaises, nous vendons pour 13 millions en 1894 (Allemagne: 58). Au Japon, nous dépassons à peine 8 millions en 1893, et restons fort au-dessous de l'Angleterre (ïo) et de l'Allemagne (18 1/2). - A Singapour enfin, deYcnu l'un des plus grands entrepôts de l'univers, et où nous gardions jadis• le dcuxicmc rang, nous sommes battus, depuis 1890, par l'Allemagne, qui l'emporte .sur nous de 400,000 tonnes. Concluons. li est inutile, pour développer ses échanges, d'acquérir ;\ grands frais et à grands renforts de violence des dépendances sur les autres continents. Pas plus dans nos colonies que dans les contrées limitrophes, nous n'avons réussi à nous assurer des débouchés égaux dans leur totalité à ceux que nous offre tel ou tel

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