• 164 LA REVUE SOCIALISTE marche de nos \'entes a,·ec celle des crédits coloniaux. (Nous laissons de côté l'Algérie qui ne figure pas au budget des colonies.) TABLEAU DES EXPORTXfIONS DE LA FRANCE (en millions) 1858 1863 1873 1878 1888 18 9~-95 Héunion. 3o.7 23. 2 10.7 9.7 6.7 12.9 Martinique. 22,2 I..J.. l l 5. l 1-j. I I 1 . .j. I..J.. 8 Guadeloupe l 8. 5 J3. I 14.1 l I. 8 12.4 8.8 Guyane . .j.. s 5. 6 5 ·+ s. J 5•7 9.9 Inde 0.7 o.8 o.6 0.9 o. 3 o.6 Sénégal-Soudan. 9.2 8 . .j. .j.. 7 •f. 9 10. I 19. .J. Cochinchine . )) )) )) )) )) )) Annam-Tonkin. )) )) )) )) )) )) Cambodge . 3•S 5. 2 5. 5 ..J. 1 II. 7 22.8 Saint-Pierre 6.o 5• 3 7 •5 5. 8 .j.. I 3.o NouYelle-Cakdonie )) )) 6.9 3. 1 ..J..O 5. 2 Diverses dépendances d'Afrique 2.0 3· ·f 1.5 ,, , -•) T. 0 13.8 9 2 ·5 79. 3 71 .8 62.0 67.7 1 I ',. 3 -- -- -- -- Nous constatons qu'en quarante-sept ans les achats de nos colonies ont monté de 92.5 à 119.3, soit une plus-value de 26.7 ou 28 °/o environ; pendant ce temps, nos dépenses bondissaient de 20 à 86 millions, en augmentation de 330 °/o (1). Entre ces deux taux d'accroissement, il y a un abime. Que penser de l'optimisme des comités d'Afrique et autres officines de conquête brutale? Reprenons enfin nos chiffres globaux de 189-1--95. Pour tirer de nos colonies une clientèle de I 19 millions, nous versons 86 millions; c'est dire que chaque franc de nos ventes représente une dépense de o fr. 70 ou o fr. 75. Comment jugerait-on un commerçant dont le chiffre d'affaires excéderait d'un tiers à peine les frais generaux? (r) Pour ne pas compliquer ii outrance notre sujet, nous nous abstenons de wmparcr le rendement c:conomique et le coùt de chaque colonie prise individuellement. Une mention spc:ciale est due cependant au Soudan, ou le chiffre des dépenses est triple de celui de nos importations. Lit est la grande plaie du régime colonial trançais. C'est au. Soudan que le militarisme s'est donné le plus librement carrière, que les contingents ont été le plus largement fauchc:s (on a vu des compagnies perdre en un an ï9 ¼ de leurs effectifs), et que la fatalité de l'expansion coloniale s'est le plus ouYertement manifc,téc (les colonnes qui comprenaient 300 hommes en 1881 ont fini par en compter prcs de 3,ooo).
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