160 LA REVUE SOCIALISTE contraintes, un garde des fon~ts et dix forestiers, une maitresse d'école, un gardien des eaux, un garde champêtre et quatre colo11s ! Et soyez sùr qu'ayant qu'un seul Français se hasarde dans tel ou te:! district de notre domaine, on aura gaspillé l'argent pour installer le décor dispendieux d'une cité d'Europe. Le centre de i\lonidou (Nounlle-Calédonie) était encore inhabité, cerné par la brousse, et déjà les b:ttiments publics et le thd.tre coûtaient 72,000 francs. Au surplus, qu'un malheureux émigrant se présente au ministérc et demande des renseignements. A moins qu'il ne dispose d'une somme rondelette, on le renverra trls Yitc, plus ou moins poliment, et alors, ou bien il se découragera et découragera son entourage, ou bien il s'exposera aux pires mécomptes, comme cc jardinier qui partit un jour pour Obock aYec la louable intention d'y planter des légumes. Il ignorait que la terre Yégétale se payait au poids de l'or, sur cc coin d'Afrique. Est-il étrange que la société capitaliste n'ait même pas rcussi .i. organiser cette colonisation qui est dans b logique même de sa Yic, et qu'elle ait apporté dans ses créations les plus lointaines, son mal déYorant : l'anarchie? I.E COUT DES COLONIES L'expansion sur les terres neuves est une des principales sources du grossissement continu de nos budgets, depuis 1881 et surtout depuis 1890. Aucun sen·ice n'a été aussi onéreux pour les contribuables, ;rncun n'a gaspillé aussi follement l'argent que l'administration des colonies, sinon le ministérc des traYaux publics. (Nous laissons à dessein de côté la guerre et la marine qui du moins ont leurs analogues chez les nations étranglres.) \'oici un tableau suggestif de nos dépenses coloniales, de dix ans en dix ans : En millions En millions 1820 5 .0 1860 21. 2 1830 7.5 1870 26.6 18-1-0 10.6 1880 32.7 1850 19-7 1890 59.0 De 1890 à 1892, le total monte de 59 à 86, et nous le trom·ons cette anncc ù 83. De 1820 à 1892, cc budget s'est donc multiplié dix-
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