La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE l'agiotage qu'il est une spéculation qui n'a pas réussi, et à refuser <l'admettre toute autre dUinition. Le capitalisme affirme que l'agiotage disparaitra quand le régime fonctionnera complètement, c'cst-;\-dirc quand il aura incorporé toute l'activité économiq11c du globe. On le croit sans peine, mais il semble qu'on entende s'écrier un Yolcur pris en flagrant dclit : « Laissez-moi seulement prendre de quoi être riche et je deviendrai volontiers un honnête homme. » Comme toute parcelle <le la richesse accumulée représente des moyens d'existence pour les membres du corps social, il s'ensuit que ceux qui sont privés de toute propriété ne Yivcnt qu'aut:rnt que le capital a besoin d'exploiter leur traYail. Le combat que le c:ipitalismc livre aux possesseurs ép:irpillés de la richesse publique se poursuit a,·ec des chances di\'erscs, encore que l'issue paraisse devoir être favor:iblc à la force capitaliste organisée. M:iis quelles sont les premiercs Yictimcs de cette guerre, sinon les tra\':iillcurs? Qu:ind la crise sévit ( et, sans contester qu'elle sévisse principalement d:ins la moyenne et la petite industrie, il faut bien tenir compte que b grande industrie en France n'occupe encore que le tiers de b classe ouvr~crc) les brns ou,-ricrs se croisent pour des semaines et Jcs mois. D:ins nombre d'industries, le chôm:igc est régulier; il revient tous les ans à la même époque et pour b même période. Selon une n:ivrantc et pittoresque expression populaire, d:ins cette période-!;\ il faut mettre son estomac au crochet. A ces douloureuses périodes correspondent des périodes de surtravail exagéré qui n'épuisent pas moins les ouvriers et smtout les ouwièrcs c:t les enfants. Il en résulte une débilitation de la race, que h petite et la moyenne industrie sont en droit de ne pas inscrire seules à leur p:issif, et qui se traduit dans tous les pays industriels par une diminution de la taille hunuinc, une aptitude s:ins cesse décroissante :iu service militaire, une mortalité infantile plus considérable qu'ailleurs, un abrégement de h vie moyenne, sans préjudice des progrès comt:ints de l'alcoolisme, de la prostitution et de la criminalite, qui ajoutent aux pires misères physiques les pires misères morales et sociales. Lorsque le capitalisme prétend qu'il fera disp:ir:iitre la misérc quand sa domination sera assurée, il se trompe et il trompe ceux qui l'écoutent. C'est p:ir lui que la femme et l'enfant sont entrés dans l'industrie, c'est gr[1ce aux procédés mécaniques de la production moderne que les bras féminins et enfantins ont pu renJre au capital les mèmes services que les bras masculins. Croire qu'il paier?l cinq fr:incs à un homme le travail qu'une femme ou un enfant peut lui donner pour deux francs cinquante, c'est oublier la loi-même du capitalisme, qui ne considère pas les travailleurs comme des êtres humains, mais comme des moyens de production. Sourd à toute considération de morale, de justice et d'lnimanitè, a\'cuglc à tout spectacle de desolation, le capital

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