La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA PROPRitTt IDtALE I..j. 5 LA PROPRIÉTÉ IDÉALE (Suite) VIII Pour se justifier des accusations portees contre lui par ceux qu'il exproprie, le capitalisme invoque des arguments qui ne sont pas sans valeur. Repondant aux recriminations personnelles, il avoue d'abord que sa fonction, toute mécanique dans la societé, le dispense de toute considération sentimentale. Il ne doit pas plus gemir qu'il ne se réjouit de l'expropriation du patronat industriel et commercial, et, s'il.dévore des existences ouvrières, c'est avec une egale absence de plaisir et de repugnance. Il fait de plus observer qu'au temps oü la domination économique était moins impersonnelle, on ne YOit point que la pitié et la charite des possédants se soient exercées davantage: qu'en ce temps-ci, au contraire. Place en face de la situation faite par lui au prolétariat, il reconnaît Yolontiers qu'elle est pfoible pour tous, car si los prolétaires étaient mis à même de consommer davantage, cc serait également un grand profit pour les capitalistes, attendu que le prolétariat constitue le grand marché de la consommation. Puis, ayant repris assurance par cette constatation, il s'admire dans son œuvrc présente et se glorifie dans son œuvre future. Par la constitution capitaliste de l'organisme économique, les denrées alimentaires et les produits manufacturés sont mis à la portée du consommateur plus rapidement et à rnoinn!c frais; leur abondance, résultat du perfectionnement des moyens de production et d~ !ransport, les amène à un :issez bas prix pour que tous puissent se les procurer. Il a1·rive, certes, que, pour avoir produit en trop grande abondance, le producteur doit se croiser les bras dcvant les magasins encombrés de denrecs et d'objets .qu'i-lne peut acheter, quel qu'en soit le bas prix et le besoin qu'il en ait. Mais ces accidents de surproduction, qui ne frappent pas que le traIO

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