q6 LA REVUE SOCIALISTE Yailleur, sont comme les crises de croissance du capitalisme. Elles sont le résultat de ses t:ltonncmcnts Yers une production sans cesse intensifiée; elles manifestent, cruellement, il est vrai, une exubérance de Yic et de force; on ne doit pas plus condamner le capitalisme pour ces accidents, qui d'ailleurs n'ont pas le caractére aussi violemment meurtrier que les famines de notre moyen-âge et des pays qui Yivcnt encore sous un rcgime similaire, qu'on ne songe à condamner l'emploi des machines a vapeur en donnant pour raison que des chaudiércs font fréquemment explosion. U11emploi mieux réglé de la machine économique supprimera graduellement pour la classe ouniére ces douloureuses périodes de chômage que la grande industrie de production et des transports, récllemrnt et complétement incorporée au capitalisme, ne connaît plus guérc que par ouï-dire. C'est en effet dans les industries 01'.1 l'ordre capitaliste ne s'est pas encore installé dans sa forme la plus moderne et la plus définiti\·e que les crises sévissent. Elles sont le rcsultat de l'ignorante irnpré\'oyance des chds d'industrie. Bousculés, harcelés, talonnés par la concurrence qu'ils se font entre eux et par celle que leur fait à tous ensemble la grande industrie, ils ne .se préoccupent que d'une des deux données du problémc économique, la production, et négligent complétcmcnt l'autre, la consommation. Ils engorgent ainsi le marché de produits dont il n'a que faire, apportant un excédent d'étoffes quand cc sont les chaussures qui manquent, ou jetant un lot de chaussures sur une plage oü tout le monde Ya nupieds. Le capitalisme aspire à dcYenir le maître du genre humain, mais c'est afin d'être plus complétcrnent son serYiteur, afin de devenir le diligent et avisé pourYoyetu de ses besoins. Les résistances qu'il rencontre et dont souffrent ccux-lù même, tout les premiers, qui les lui opposent sont les seules causes de perturbations économiques dont on l'incrimine bien à tort. N'est-cc pas lui qui a étendu les limites du marché! lui qui, par ses compagnies de naYigation et de chemins de fer, transporte à bas prix les marchandises! lui qui étend sous les mers des réseaux de câbles électriques qui font connaître en une minute aux prod uctcurs de Paris les besoins des consommateurs de Ncw-York ! lui qui, à mesure qu'il étend ses bienfaisantes conquêtes, substitue l'ordn: au désordre et l'abondance à la disette! Et, pour ces services, que demandc-t-il? Une rémunération -qui diminue à mesure que le scr\'ice grandit, puisque le taux de l'intérêt serYi au capital n toujours en s'abaissant. L'agiotage, qu'on lui reproche, est un abus jusqu'ici inséparable de la spéculation. Coupera-t-on cet arbre parce qu'une douzaine de chenilles en rongent les feuilles? C'est par la spéculation que sont rendues possibles les entreprises qui demandent de longues annfrs de préparation afin de pou\'oir enrichir pour des siéclcs et des
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