114 LA REVUE SOCIALISTE sans doute le prcciser, le dé\·elopper, le rectifier même sur des points de dctail; on n'cbranlera pas les solides et multiples fondements sur lesquels il repose. Mais, quelles que puissent être à cet cgard vos opinions et la mienne, j'ai voulu faire ici de la science, établir quelques véritcs qui pussent être acceptées de tout le monde. J'ai tf1ché, dans la mesure de mes forces, <l'esquisser cc que vous pouvez à volonté considérer comme la prcface d'un linc de doctrine Oël comme un plan intcgral d'enseignement social, divisé en trois sections solidaires et distinctes. J'ai tùché <le réunir en une synthese féconde et de ranger dans un ordre logique trois groupes d'i1westigations qu'on a le tort fréquent de séparer ou de confondre. Chacun de ces trois groupes correspond, rcmarquezlc, ù. la tournure d'esprit qui domine chez l'une des trois nations conductrices de la pensée moderne. En effet, sans qu'on puisse attribuer ,\ l'une ou à l'autre une preffrcncc exclusive dans le domaine qui nous occupe, l'Allemagne a surtout pratique la méthode historiqueet réalisle, la France la rncthodc ralio1111elelle idéalisle, l'Angleterre la méthode 11/ililairet praliq11e. Les employer toutes trois, chacune à son heure et à sa place, me paraît être le vrai moyen d'en cumuler les avantages sans avoir à en redouter les inconvenicnts. Je n'ose \·ous inviter tous ( car pour beaucoup de ceux qui m'écoutent l'i1witation serait tardive et superflue), mais je vous invite, vous surtout, Messieurs les étudiants, vous les jeunes, vous les hommes de demain, vous qui verrez certainement s'accomplir de grandes trans-· formations sociales, à prendre sans tarder votre part dans l'élaboration collective <le la triple science dont je me suis efforcé de vous démontrer brievcrncnt la ncccssitc et, je ne crains pas de le dire, l'urgence. Si, comme je le crois, nous touchons à l'une de ces cpoqucs de crise où tout homme est obligé de payer de sa personne, ;\ l'un de ces moments de tempête où tout passager doit mettre la main :1 la manœuvrc du na\·irc, je ne puis mieux faire pour terminer que de vous redire, en les modifiant, én les clargissant, les fortes paroles que elson adressait aux soldats et aux marins de sa flotte : - « La France et l'humanité comptent que chacun de vous fera son devoir. >> GEORGES RENARD.
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