La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE des phénomènes qui forment la vie des nations. Ils l'ordonnent, le simplifient, le percent de troul'.:es lumineuses; ils le rendent plus clai,- et plus intelligible. Historiens, statisticiens, économistes, etc., tons cantonnés dans des domaines différents, tons usant de procl'.:dés spcciaux, non seulement accumulent les faits, multiplient les analyses, mais du monceau des faits particuliers dégagent des vérités géncralcs, essaient de tisser entre eux une trame serrl'.:e de causes et d'effets, l'.:bauchent dcjà des synthéses partielles. C'est gr:'.i.ce ù. eux que nous posscdons en raccourci l'expérience des sicdes disparus, que nous découvrons on pressentons quelques-unes des lois qui gouYcrnent l'cYolution des sociétés. - Les autres pendant cc temps, physiologistes et psychologues, étudient l'homme, ses aptitudes, ses tendances, les nccessités auxquelles il est soumis; ils scrutent les mystères de sa sensibilitè, les limi_tes de son intelligence; ils démontent les rouages de sn volonté; bref ils concentrent leurs recherches sur la constitution physique et mentale de l'individu. Les uns et les autres - ne l'oubliez pas - accomplissent une· tâche aussi utile, aussi importante, aussi nécessaire, puisque, par définition, la combinaison de l'élément social et de !'clément indiYiduel est le fond 1nême de la question sociale. Les uns et les antres amassent des matériaux, obtiennent des rcsultats dont se constitue peu à peu la sociologiL: positiYe. Encore une fois honneur à ces deux ordres de chercheurs, qui des quatre coins de l'horizon rassemblent les connaissnnces indispensables à qui Yent comprendre, préYoir et régler la rnnrche des sociétés! Est-il besoin de détailler les serYices qu'ils rendent à la pensèe de ceux que tourmente le souci de l'avenir? En dcmontrant que, telle cnuse étant donncc, tel effet suit régulièrement, que par exemple. l'excès Jans un sens appelle, engendre un excés dans l"autrL: sens; en fouillant profondcment la nature de l'homme, en constatant par exemple que l'absolu est pour lui chose inaccessible, ils mettent un frein au Yol cpcrdu de la fantaisie, ils coupent les ailes aux chiméres, ils empêchent les faiseurs d'utopies de s'égare,, dans les espaces imaginnires. Arriére des lors les rêves en l'air, les paradis terrestres qui ont mille qualités et un petit défaut, celui des paradis perdus b:ttis dnns les nuages dont ils ont les chatoyantes couleurs et l'ondoyante fluidité! La science du réel sert ainsi de garde-fou contre l'esprit d'aventure, et clic a bien d'autres mérites. Elle révèle i l'homme sa place dans la série des êtres et elle lui fait entrevoir son rôle dans l'univers; elle lui donne des leçons de dignité et de modestie; car elle lui montre comment il s'est élcYé de l'animalite ,\ l'humanité, comment aussi il peut redescendre aisément à la bestialité primitiYe. Elle lui apprend dans q~ellc direction il a marche depuis les tiges tenébreux oü il était encore sau-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==