LA MÉTHODE D'ÉTUDE DE LA QUESTION SOCIALE I 3 I sont au progrès social ce que la Yapeur est a la marche des vaisseaux : la force motrice; ils ne sont pas la force directrice. Ils peuvent mettre en branle l'effort Ycrs le mieux; ils sont insuffisants pour le guider. Ne les dedaignez jamais, mais ne Yous en remettez jamais à leur impctuosite intermittente et irrefléchic. Pour améliorer un système aussi complique qu'une société, le sentiment ne peut se passer du concours de la science. J'ai nomme la science, i'v[cssicurs. Je ne perdrai ni mon temps ni le votre à vous en faire l'apologie. Si la science a, dit-on, besoin d'être défendue, surtout contre les entreprises de ceux qui la redoutent, cc n'est pas, je pense, dans une École qui veut être une Faculté libre de sociologie, dans un Collège dont clic est la raison d'être. Il me parait superflu d'établir ici cette véritè digne de M. de la Palisse que, pour bien résoudre une question, il faut commencer par bien l'etudicr. J'aime mieux vous exposer quelle est, scion moi, la méthode scientifique qui convient à l'étude du problème social. Je pourrais, je dcnais peut-être, pour mieux piquer votre curiosité, vous faire attendre mes conclusions jusqu'à la fin de cette conférence. Mais je sacrifie le plaisir de YOus tenir en suspens au désir de vous apporter des idlcs nettes et faciles ù suivre. Je \'OUS dirai donc tout de suite que le plan de travail qui s'impose à tout esprit soucieux du sujet qui nous occupe me paraît se composer de trois parties également importantes : r0 L'étude de la société présente et passèc, <le l'homme tel qu'il est ou a été. 2° L'étude de ce que peuvent et doivent être l'homme et la société futurs. 3) L'étude des voies et moyens qui peuvent mener <lece qui existe à ce qui sera. En d'autres termes, la méthode doit être d'abord réaliste, ensuite idéaliste, mixte enfin, et c'est ainsi un sermon en trois points, un sermon suivant la formule, quoique trés laïque, que je vais développer devant vous. I La science du réel, de ce qui est et de ce qui a été, est sans contredit la base première qu'il faut faire aussi étendue, aussi solide que possible. Respect donc et honneur à l'armée de travailleurs qui s'acÎ1arnent à défricher ce champ immense! Leur armée se divise, pour ainsi dire, en deux corps. Les uns s'attachent à débrouiller le chaos·
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