La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

CIIRO~IQUE )IUSICALE I I I Au Ch:\telet, les 6 et 13 décembre, on a îl'.:té le cinquantenaire des deux premières auditions de la D111111111/io11 de Faust entendue les dimanches 6 et 2odécembre 18-46 :1 !'Opéra-Comique avec l'insuccès que l'on connait; reprise quinze jours aprcs au milieu d'une indifférence presque gènéralc. Les Jeux éxécutions données par J'1. Colonné (82° et 83" au Chùtelct seulcmént) ont étè comme toujours excellentes. Le seul Brander (i\1. Challet) laisserait à dèsirer; quant à J\léphistophclès, i\1. Auguez lui donne un air bonhomme qui né co11Yie11tgucre :iu personnage de Gœthe et dé Berlioz (1). . Le grand attrait a ctè h reprise au Ch:îtclet de Rcdc111ptio11, pocme symphonique d'Ed. Blau, musiqué dé Cés:ir Franck, qui avait passé inaperçu il y a prcs de vingt-cinLl ans. Rédc111ptio11 n'est pas:\ proprérnent parler un oratorio. C'est plutè>t une symphonie avec chœurs, entremêlés de strophes récitées, mais son c:1r.1ctcre religieux, fortemént marque dans la musique comme dans le sujet, la rapproche de l'or:itorio. En écoutant cette œune d'une grandeur épique, où le musicien, après avoir pleuré :t\"ec les hommes sur leurs misères, leur enseigne que par la prière ils obtiendront leur salut, la n'.:demption dé tous les maux inhérents ù la r;1ce humaine pour laquelle le Christ est \'enu; en écoutant cela, je pensais au beau poème musical que d:ins un autre ordre d'iLlées, un moderne, tel que Gustave Charpentier, pourr:iit écrire. Il y aurait là matière ;1 une véritable œuHe d'art social, compar:iblc comme grandeur :iux plus sublimes oratorios, ù la dernié.rc partie de la symphonie :ivec chœurs. En attendant une pareille œune, nous a\'ons applaudi de G. Charpentier la Veilléerouge d'après Verlaine et les C/Jeva11dxe bois, ainsi que la C/Ja11soc1/11clje111i11 (i\!auclair) et Li Sùé11adeà TVa/lea11 (Verlaine) exécutèe d'abord au Luxembourg, et à l'issue de laquelle M. Charpentier :i ficrement rcfusè les palmes :H:,adémiques lJUe lui offrait k directeur des Beaux-Arts. Comme l'année dernière, le 3c acte du Crép11sc11dles Diwx a été • pour M11• Kutschcrra, i\!. Cazeneuve, etc., l'objet d'un triomphe, chante dans l'admirable traduction de M. Alfred Ernst. La musique écrite pour la tragédie des Perses (à l'Odéon) par 1'1. X. Leroux a remporte auprcs du public des concerts un succcs trcs meritè. On ne peut qu'y reprendre un peu trop de bruit, dans le final aYec chœur surtout, où il est impossible de percevoir les paroles. Aux deux premiers concerts Breitner-Marsick., a été exécuté admirablement le Gra11d Quatuor, en la mineur (n° r 5) de Beethoven dont le n° 3, d'une émotion indicible, semble rappeler l'hymne des bergers (r) Le ro janvier, à la 8+• audition, M'"• Auguez de Montalant a rempl.ic0 M11• Marcella Pregi dans le rôle de Marguerite et elle a su, comme naguère, s'y faire encore chaleureusement applaudir. Quant à M. Cazeneuve (Faust), il a toujours les mèmçs défauts que j'ai signalés ici-même l'an dernier.

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