IO..J- LA REVUESOCIALISTE CHRONIQUE THÉATRALE Cm1EDIE-FRA).;ÇAISE: L'Évasio11, comédie en trois actes, de M. BRIEUX. Gn1NASE : Irlylle tragiq11e, drame en six tableaux tiré du roman de M. PAULBOURGETp,ar Mivf.PIERREDECOURCFLLetEAR)IAXDARTOIS. \ THÉATREDE L'ŒuYRE: U/11r1oi, comédie guignolcsgue, de i\I. ALFJŒD ]ARRY. i\1.Brieux, ayant donné à la Comédie-Française une pièce gui a paru une satire contre la science, s'est fort défendu ensuite de l'intention gu'on lui prêtait et a déclaré aYoir voulu attagucr seulement les faux savants. Or rien n'indigue dans l'Évasio11 que le heros, le docteur Bertry, médecin célébre, tout lustré de titres et de décorations, soit un savant de pacotille. ,·aniteux, oui, et plein d'affirmation outrecuidante, nous le ,·oyons tel en effet; mais le talent, même le plus reel, ne garantit pas contre ces deux funestes maladies; et gui en souffre est souYent d'autre part homme de mérite. L'auteur, peut-être inconsciemment, et grandissant son sujet malgré lui, a donc traité une haute question fort à la mode, àsaYoir la portée <lela science et la mesure de l'autorité qu'elle doit inspirer. Seulement la petite fable gu'il a imaginee ne prom·e rien pour beaucoup de raisons; d'abord il s'est attagué à la médecine, qui est non p:i.sune science, mais un art, chose essentiellement relative et inccrtainQ; s'il aYait pretendu ruiner l'astronomie, par exemple, il aurait sans doute triomphe moins facilement. Ensuite il a choisi le problemc de l'herédite, qui est encore un des points les moins bien élucides de nos con naissances.Enfin une fable, historiette gue chacun imagine à sa façon, peut toujours être contredite par une autre également probante; toutefois, sans rien démontrer, clic fait prnscr, et c'est tout gue l'on est en droit de demander à un ouwagc de cc genre. Donc la pièce nous présente un jeune homme, fils d'un mélancoligue gui s'est delivrc de la tristesse par le suicide et une jeune fille qui a eu pour mère une devergondée. Infailliblement le jeune homme se tuera, infailliblement la jeune fille enYerra son bonnet par dessus les moulins, declarent les soi-disant lois de l'héredité. Non pas, réplique M. Brieux; je me charge de guerir ces deux candidats à la folie ou :in vice, en les mariant l'un à l'antre. Le premier sera sauvé par les joies du foyer; quant à la seconde, sa nrtu subira bien quelques petits assauts, des baisers qu'on se laisse prendre, un projet de fuite a\'ec un amant, legères anicroches auxquclles n'ont pas toujours échappe les
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