La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

102 LA RE\'UE SOCIALISTE prevu cc mouYcment de destruction de la classe moyenne, peut également présenter des solutions efficaces, mais hardies. A la fin de cette même séance, MM. Castclin et Habert ont demandé le ,·ote d'un crédit de 5,ooo francs a titre d'indication, pour mettre .'t la disposition des communes les outils agricoles qui pourraient être utilisés en commun par les agriculteurs. Actuellement, les grands propri<'.:taircs seuls pem·cnt employer un outillage perfectionne; cc serait <lcfendrc d'une façon efficace les interêts des paysans et faire en même temps un essai partiel d,.: collectiYisme pratique que de Y0tcr cette proposition. 1canmoins clic fut repoussée par 353 \'Otx contre 182. Nous signalerons en passant l'interpellation Gcn·ille-Rcachc (scance du 12 dccembre) sur le remplacement du général Dodds au Tonkin, qui constitue une Yiolation formelle des intentions et des \'Otes de la Chambre, ainsi l}U'il n'.:sulte de l'ordre du jour deposé par ce depute, après une trcs Yi,·c discussion : (( La Chambre, regrettant que « le gouYcrncmcnt ait méconnu la décision par laquelle elle a rejeté « le crédit relatif a l'envoi d'un général de di,·ision en Indo-Chinc, « pasic :'t l'ordre du jour. » Malgré la Yolontc de la Chambre, le général Do<lds avait été rappelé afin d'cnrnycr à sa place un genéral de division. La Chambre a approu,·é ncanmoins par 300 voix contre 228 la violation formelle de ses propres volontés traitees comme quantit.'.: negligeablc. C'est à ce moment (la parole ayant été donnée a M. Delcassé pour la discussion générale du budget de la marine) que Jaurès s'écria, justement indigné : « A quoi bon ? li n'y a plus de budget! il n'y a plus de Chambre! il n'y a plus rien~ » On sait que notre éminent ami fut rappelé a l'ordre a\"ec inscription au procès-verbal par I\l. Brisson, toujours de rnechante humeur ù l'egard des socialistes. La Chàmbrc a commencé alors la discussion du budget des deux ministéres militaires. Les abus du ministere de la marine, sa comptabilite itH.:xtricable, ses gaspillages, sa routine, l'inferiorité de notre flotte ont été pour la Yingtième fois signalés en ,lcux rcmarq uablcs discoms par ~1. Delcassé et surtout par Pclletan qui, pendant toute une séance, a tl.:nu sous le fouet l'incapable aristocratie de nos amiraux. Cc discours, intéressant surtout par la multiplicite mèmc des faits rassemblés, ne peut C:trc résumé. Il laisse cependant dans l'esprit du lecteur une tl.!rriblc impression de degoùt, de decouragcrncnt, de colère contre les prétendus p,ltriotcs, dont l'incurie, les gaspillages, l'esprit borne et la corruption réduisent à un degré si inférieur L1 force défcnsi\'C de notre pays, qui n'a cependant jamais marchandé les millions si mal employés. A signaler surtout la magistrale exécution du fuyard et bonapartiste amiral Duperré, dont :fclletan, surtout aprl'.:s un maladroit

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