LA QUESTION SOCIALE DEVA)<T LES CORPS ÉLUS IOI « fatigue; il ne peut pas toujours vivre de promesses; il résistera sans « doute, mais à une condition : c'est qu'aux promesses succ<'.:deront « des actes et qu'il se sentira secouru et encouragé; c'est qu'il con- « servcra du moins l'espoir de ne pas ètrc dépouillé, chaque année, « du fruit de son dur labeur. ii Nous pensons que M. J\1éline et ks conservateurs bornés feront bien de méditer ces avertissements. Le lendemain, 9 décembre, lv1. Bascou du Gers a continué la démonstration entreprise par nos ad\·crsaires mèmes, de l'exactitude toute scientifique des constatations socialistes. Parlant du crédit agricole et de la nécessité qu'il y aurait à le faire reposer non sur la terre mais sur la récolte (crédit mobilier agricole), M. Bascou reconnaît que les agriculteurs se divisent en deux catégories : ceux qui ne sont pas encore hypothéqués et qui trouvent crédit facikrncnt, et ceux (cc sont les plus nombreux) « dont le capital est grevé par des hypo- « thèques, de telle sorte que, par suite de la diminution de la valeur « de la terre, il se trouve que beaucoup ne sont que les détenteurs de ,< leurs propriétés. Le véritable propriétaire, c'est k créancier hypo- « thécairc, et s'il tolcrc encore la propriété nominale de l'agriculteur, « c'est parce qu'il n'ose pas l'exproprier, de peur de rester possesseur « de son gage. ii Après cet aveu, M. Bascou, poursuivant son projet de constitution du crédit mobilier agricole, montre que cc crédit reposant sur la récolte ne peut être fécond que si l'assurance agricole, préalablement établie, donne une base certaine et une garantie de solidité au gage sur lequel repose la valeur du prêt consenti. Il faut donc organiser tout d'abord l'assurance :igricole. De nombreuses plaintes et doléances ont été apportées ù la tribune par divers déput('.:s : si on juge de la situation de l'agriculture par le tableau peu séduisant qui en a été trace, il est bien probable que la petite et moyenne propriété (conformément du reste aux préYisions socialistes) sont à la willc d'une ruine compléte. A ces plaintes, a ces descriptions de l'état lamentable de la petite et moyenne production agricoles d('.:truites de plus en plus par le développement des tendances inhcrentes à la société capitaliste, le président du conseii et ministre de l'agriculture a fait une réponse très insuffisante qui a amen<'.:une YiYc et très heureuse n:pliquc de Gérault-Richard. Notre ami a montre que ·la spéculation domine complètement le marche des produits agricoles et qu'il faudrait briser cette sp6culation pour restituer au cultivateur la libre jouissance des fruits de son travail. Contre cette puissance énorme et chaque jour plus formidable, le président du conseil ne propose rien et ne peut rien proposer d'efficace : le socialis1ne seul, qui a depuis longtemps
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==