La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

100 LA REVUE SOCIALISTE ajouter le paragraphe suivant : « et l'inYitc, en outre, à établir les « responsabilités et :'t poursuivre la réparation du pn':1udicc causé à « l'État. » La discussion du budget de l'agriculture a permis aussi de constater, par les ayeux mêmes d'un certain nombre de députés opportunistes ou réactionnaires, que les critiques des socialistes en cc qui touche les abus de la spéculation si ruineuse pom le paysan sont fondées. ]\[. Armand Portcn étudie la question des blés, montre l'abaissement régulier de cette marchandise, l'irnport,nion exagén'.:e dont clic est l'objet, l'inefficacité du droit de douane de 7 francs. Cc député réclame l'adoption de droits d'entrée gradués, trcs bas en cas de mauvaise récolte afin de faciliter l'importation, et élevés en cas de bonne récolte, afin d'cntra\'cr l'importation quand les blés indigénes suffisent. !'IL Rose a prononcé ensuite un discours intéressant dans lequel il :i principalement signale les effets désastreux de la spéculatio'n. Ainsi, pendant le mois d'août 1896, un Yéritablc accaparement des sucres, pratiqué par la speculation, a brusquement élevé le prix de cette marchandise de 29 francs à 39 francs. - Au mois de septembre une opération du même genre a été prâi.iquéc sur le marché des farines dont les cours se sont brusquement éleYés de ro francs. - C'est là certainement une des ctusc:s des souffrances de l'agriculture. M. Rose constate amcrcmcnt que l'on s'est contenté d'endormir les agriculteurs par de belles promesses. Rien n'a été fait ni pour les dégrcYcr des impàts écrasants qu'ils ·supportent, ni pour augmenter la faculté d'absorption du marché intérieur en facilitant la circulation des produits, en supprimant les barriércs intérieures, en cssay:int de supprimer les intermédiaires si souvent parasites qui renchérissent le produit au moment oü il arri,·e jusqu'au consommateur et restreignent par suite la consommation elle-même, en combattant aYcc Yigueur les manœuwcs frauduleuses et impunies (malgré les textes de nos codes) de la spéculation. M. Rose termine par cet a,·cu : <; On se dit volon- « tiers que le paysan de France, attaché à sa maison et à son coin de << terre qu'il a si péniblement gagné, opposera aux utopies collecti- « vistcs une barriérc infranchissable ... permettez moi de vous dire que « je commence à en douter ... Et je m'adresse plus particulicrcmcnt à « ceux de nos collcgucs qui sont les défenseurs éloquents de la liberté « économique, à ceux qui croient que l'État n'a d'autre ràle ;'t jouer « que de laisser tout faire, de laisser tout passer et d'assister impassible c, au spectacle de ces luttes inégales, de l'ecrasement des petits << producteurs par les puissants financiers et les agioteurs, à ceux que « nous trom·ons constamment devant nous, toutes les fois que nous cc demandons ici la moindre mesure de protection en faveur des « paysans français. J c leur dis : Prenez garde! le cultivateur est

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