La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

92 !.A REVUE SOCIALISTE pour les opérations sérieuses. » Comenius procl.1111ed'abord la nécessité de l'instrnctio11 pour toutes les classes \tc la :,ociété : « Que sont les riches s::llls science, dit-il, sinon des porcs engraissés a,·ec du son? Que sont les paunes auxquels manque la con1uissance des choses, sinon des ùnes ch:1rgés de fardeaux?>> Il faut donc que tous participent aux bienfaits de l'instruction. Quant aux érndes, Comenius les di\'ise en quatre parties comporLlllt chacune six années de tra,·ail et correspondant ;\ cc que nou, appelons l'enseignement ni.llerncl, primaire, secondaire et supérieur. Ces ctudes, il les Youlait, du premier au derni\.'r degré, accessibles;\ tous, non pas sui\'ant lem fortune, mais lems capacités. Pour cela, il fallait « ne faire entreprendre les études supérieures que par les meilleurs éléves des écoles seco11Lbin:s ... Cet idéal d'instruction intégrale et uni,-crsclle cst encore le nôtre. >> Passant ensuite :iu dix-huitième siéclc, Guill.iume de Grecf résume 1'0:une des philosophes comme Locke,].-]. Rousseau, CondilLic, La Ch,ilot:iis, d'Holbach, Diderot, que préoccupc le grand problérne du droit de tous ù la science. Il s'arrète plus longuement :,ur l'ccune de Condorcet et le projet de décret que celui-ci présrnta cn Iï92 au Comité d'[11struction publique de L\ssernblée Nationale sur l'organisation gé11ér.ile de l'instruction publique. « Le pLln d'instruction publique de Condorcet était à Li fois pratique et théorique, integral et uni\'ersel à tous les degrés. Nous pou,·ons dire uniYerscl sans restriction ni réserYes, car il était gratuit à tous les degrcs. Chaque année, pour chaque degré d'instruction, 011 dcsignait un certain nombre d'enfants gui, s'étant distingués dans les études du degrc irnmcdiaternent inférieur, étaient entretenus au~ frais du trésor public pendant le temps nccessaire pour parcomir le degré d'etudes plus éle,·c. >> Et l'orateur cite ces lignes de Condorcet qui sont le meilleur argument en fan:ur d'une des rcYcndications iérninistes dont nous parlions tout;\ l'heure. « L'instruction doit être l:l mème pour les femmes et pour les hommes; clics ont les mèmes droits. Toute instruction se bornant à exposer des Yéritcs, à en dcYeloppcr les preu\'cs, on ne Yoit pas comment la difference des sexes en exigerait une dans le choix de ccs Yérités ou dans la manière de les prouver. Le défaut d'instruction· des femmes introduirait dans les familles une inégalité contraire à leur bonheur. Les hommes qui auront profité de l'instruction publique en conserveront bien plus aisément les avantages, s'ils trouYent dans leurs femmes une instruction à peu prcs égale. L'enseignement doit être commun et confié à un même maitre qui puisse être choisi indifféremment dans l'un ou l'autre sexe. Cette réunion est utile aux mœurs, loin de leur être dangereuse. Elle est fayorable à l'cmulation et en fait

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