La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

2 LA RE\'UE SOCIALISTE Disons plus simplement qu'elle est un moyen d'existence, et que seul le tr:\\·,1ill.1produit, l'entretient et l'accroit. Toute propriete est ou bien instrument de production ou bien objd de consommation; clic peut être ù l.1 fois l'un et l'.1utre : 1c même escl,1n.: du centre ,lfïicain qui porte un fardeau de bois rJnussè dans l,1 forèt rôtira sur son Li<rotallume par lui si b chasse du maitrc ,1 etc infructueuse. L'idèa~ pour cc malheureux noir, quel est-il? D'être prop11et,1ire au lieu d'être propriètè. Les jouissances qu'un tire de son labeur et que sa propre ch,1ir est exposèe .i cornplètcr, il Youdrait les tirer du l.1bcur et au hesoin du corps Ll'un autre. Il s'entend de restc qu'on ne produit p,1s pour produire, mais pour consommer. Si notre nègre a pour idéal d'ètn: propriétaire d'un autre nègre, c'est d'.1bord et esscnticlle1m:nt parce que ..:ettc propriètè .1ssurcra sa subsist,111cc,.lttcndu qu'il ne conçoit p,1squc chaque homme y pLn1n·oic pour son propi'c cornptc du moment qu'il peut forcer son scmbhble ù s'.1cquittcr de cc soin. ;\L\lgré les grandcs ?hrascs qui sont le décor de notre ci\·ili•;,1tionau regard des conscicnces cncorc inaptes ,t décounir le fait inique sous lc mot pompeux qui le rccou\'re, telle Li Yictime sous les tlcms dont la par.iit le s.1crificatcur ,111tique, nous sommes encore.\ unc trop courtL disL111ccdu conccpt afric.1in de Li propriété pour ,l\Oir le droit dc le rcg.1rdcr dc h.1ut. .\Yoir rernpL1cè le droit du plus (ort par cclui du plus habile et 1c rôti hunuin par 1c rosbccî nc constituc p,1s, après tout, un si gr.111dprogrès si 1'0:1 cnYisagc ccLixque l'hurn.111itèpcut légitim<.:rnent cspèn:r d'.1..:complir. L<.:s <.:nYisagcr,ces progrès, c'est sc tenir dl:j:t bien loin <:t bi<.:n,nt-dessus d<.:sfaits actuels; ccux qui ont l\1mbition dc l'aYcnir ne pcment pas ,l\'Oir l'orgu<.:ildu présent. Dc cc scntimcnt prirnor,li,d dc b proprièté pour son utilité pnlprc naitront rnsuite 1c sentimcnt dc Li propriété <.:nsoi ct toutes les Yanitès qu'il <.:ntraine; mais, ù l'originc CLlmrnc ensuilL' au tond du s<.:ntiment de propricté, il y a cc..:i<.:til n'y a quc ceci : l.1 s.1tisfaction J<.:sbesoins assure<: p,1rLi propriété, dc m0rnc qu',1u fond du sentimun .11110urcuxq, u<.:lqu<s.:oin ,1ue nous ayons pris dc dissimuler b brut.dite Je notre rcchcrch<.:sous mille p.1rures mor,llcs d sentirnent.ill.'s, nous trounrns, pcr•;ist.111jtu,q11'.1cc que Li s:itisL1ction ph~·siqul' 1 '.1it .1p.1Îsè, ceci : 1c bL·soingénèsiqu<.:.Xous pou,·ons tr,1duirl.' en sc11timu1b nos b<.:soins; ,t mcsure que nous nous af1i.nons, CL'S se, tirnl'nts pcu\'ent s'aclditio1111<d.:<r .:su1timcnts ètr.111< 1 .:rstels LlUe la \,lllitc l 1 ,,ll>Î1·•· 1·1 ~ , . ~ .... , ' pudeur, \'Oire l'esprit dc s.icrili.:e; nuis nos hL:soins sc rctroun:nt .rn fond dc ccs di\·ers sentimcnts ct c'est li1ulcmcnt ,\ s,1tisf.1irl.c' eux-1.'t c}llLsont <.:rnployèsœux-ci. li est \Tai quc nous pouYons pousser la noblessc mor,de, dont les s<.:ntiments Jèh,·ès ou continguJts sont l'c,pr<.:ssion, jusqu'à pcr<lrc complèt<.:rnent de \'UL' le besoin qui le:; ,l

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