. . 88 LA REVUE SOCIALISTE chanaé l'oraanisation sociale qu'on ne croit, la société moderne n'a pu 0 0 se fonder et viwe que parce que « elle a retenu <le l'histoire, <le ses Jén::loppcments successifs et des habitudes séculaires de la nation, <les éléments de durée qui lui ont permis de subsister, de grandir, et de se fortifier. Il n'y a rien de pareil dans la transformation radicale que les socialistes nous offrent, et c'est pourquoi elle ne peut être qu'une conception chimérique ou une réYolution d'un jour, sans autre lendemain qu'une inévitable réaction ». \Toilà résumés dans toute leur force les arguments de M. de ?\!un. L'orateur catholique termine son discours par une fort belle péroraison, dans laquelle il fait appel à l'esprit de justice et de progrès pour l'amélioration de la condition des ouvriers et pour la réparation des injustices sociales. Il y a plaisir à disrntcr aYcc i\l. de Mun, dopt la forme élevée, l'.1rgumentation courtoise, l'information exacte, se joignent à une compréhension convenable de la doctrine. Jules Guesde improYisa une de ces maîtresses n'.:ponses, dont il a le secret. Le mouvement en fayeur de la protection du travail, la conférence de Berlin sont des consélJUenccs de la propagande socialiste chassant enfin les puissants de leur quiétude égoïste. Le socialisme ne fait point fi des réformes pratiques, comme semblait l'insinuer i\f. de Mun en opposant l'esprit de réforme a l'esprit de la Rcvolution sociale. Au contraire, cc sont les congres ouniers nationaux et internationaux qui ont d'abord formulé les réclamations considcrécs par le prolétariat comme rcalisables dès aujourd'hui. L'appel aux sentiments Je justice des patrons est nin; car la responsabilité des individus n'est pas en cause, mais seulement celle du régime. Les hommes ne peuvent rien; car si vous croyez que le bon patron peut, de sa volonté, supprimer les iniquitcs du régime, alors vous faites apparaître comme singulièrement criminelle et rholtantc la conduite du mauvais patron. Vous justifiez la colé.rc, la haine dirigée contre lui. Puisque lui seul est coupable, non le régime, puisque c'est lui qui torture les femmes et les enfants, ne cornprenez-Yous pas que Yous lègitimez presque les actes <le Ycngeancc individuelle et dctcrminez chez l'ouYricr un ctat d'esprit fayorable au dcveloppemcnt de l'anarchie. En cc qui touche la critique de la doctrine de la plus-value, Guesde répond que les socialistes ne nient point la légitimité des dépenses faites pour la rétribution des tra \'ailleurs qui ont crcc la_matière première ou construit l'usine, pour la rcmunérntion du trayait de direction ou les prclevements opères en yue de créer un fonds de réserve; mais ces dépenses organiques faites, les millions distribués aux actionnaires oisifs, ignorant même les détails <le l'affaire, résultent bien d'un preleYement exercé sqr le traYail des non-possédants. Les capitaux ne sont pas crées par les capitalistes, mais par les travailleurs. Actuellement, l'épargne du capitaliste
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