LA REVUE SOCIALISTE il a exécuté l'ouYerture du Roi d'Ys de Lalo, la Sympbo11ie de franck, citée plus haut, et le prélude de Trisla11 el Yseull, auquel etait enchainée la scéne de la .A1orl d'Yseult, supérieurement chantee par J\[mc Alba Chn'.:tien, qui a\'ait débuté par l'air d'Obéro11, bien connu des habitués du Cirque des Champs-Élysées. Au Chùtckt, le festi\'al de réoll\-crturc comprenait deux morceaux de première importance, cette Sy111pho11faie11/asliq11e, de Hector Berlioz, que d'aucuns ne pcuYcnt encore avaler, tandis que d'autres en admirent les trois premières parties, et que d'autres encore n'en admettent que les deux dernières (.\1arc!Jeau rnpplice et S011ged'1111neuit de Sabbat) gra111111alciecri ta,,t... - et cette Psyché, de C. Franck, entendue déjà trois fois l'an dernier. L'ouYerturc de Pairie, de Bizet, aYec sa belle phrase de harpe et son passage banal des cuiYrcs, précèdait la Fai1taslique. Un Divertisse111ml, de Lalo (de l'opéra de Fiesque, encore inédit), la berceuse de Jocely11, triomphe du \'iolonccllc solo, M. Barctti; le dclicicux passe-/>ied e Léo Delibes (Le Roi s'amuse), l'Hy11/lle à sai11te Cécile, de Gounod, et le Carnaval, de Guiraud, complétaient cette longue scance éclectique et française. Les deux dimanches suivants (8 et I 5 novembre), NI. \Vinogradsky, directeur de la Société ·rmpérialc de musique à Kiew, est venu remplacer M. Colonne, parti pour Odessa, au pupitre du Châtelet; le public a même trouve qu'il le remplaçait fort bien, mais aYec quelle pétulance, avec quels gestes surabondants ! Certes le kapellmeistcr russe a plus amusé par sa vue que les œunes qu'il a fait cntendn.: n'ont intéresse <lesoreilles un pèu distraites. On a trouvé en général qu'il aurait pu facilement composer un programme plus attrayant. La sy111p!Jo1p1aitehétique de Tchaïkowsky, tres longue et nul-. lcment pathétique, est sou\·ent ennuyeuse; le scberz.o cependant - • dont le thème léger se combine aYcc celui d'une sorte de marche un peu lente mais décidée, se termine brillamment et bruyamment par un déYclopperncnt jorlissi1110 de ce deuxième motif, triomphant aux cuines, - n'est pas sans beauté. Cc qu'il y a de plus remarquable dans cette symphonie, c'est la dernière partie: parce qu'elle se termine pia11issimo et qu'elle n'est qu'une longue lamentation, « devenue, par une coïncidence fatale, imprimait le programme, le chant du cygne de son auteur. » (Tchaïhowsky, on le sait, est mort en 1893, presque en même temps que Gouno<l.) L'Esq11isse rnr les Sleppes de l'Asie ceulrale, de Borodine, est une Yéritablc merveille de poésie descriptive, obtenue avec une simplicite etonnantc de moyens, comparativement aux autres œuvres de compositeurs russes; elle est ècrite sur deux airs populaires: l'un asiatique,
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