LA REVUE SOCIALISTE J.rnrès, en effet, ne s'est pas desintéressé de cet enseignement. Il est intervenu à plusieurs reprises dans la discussion du budget pour défendre, a\'CC son talent habituel et une connaissance très précise du dèrail des questions, les intérêts généraux de l'enseignement primaire et des intitutcurs et institutrices. Ces questions de détail, de r_èglemcntation, de traitement, d'a\'anccment sont trop spéciales pour qu'elles puissent nous arrêter longtemps. Signalons seulement le YOtepar lequel la Ch,1mbrc a admis l'amendement de i\L Bérard (de l'Ain), proposai:t une ,rngment,1tion de crédit sur le budget des écoles normales départcmcnt,ilcs, afin d'empêcher la suppression projetée de quelques-unes d'entre clics. L'incident caractéristique de cc débat a été provoqué par M. Louis Jourdan (de la Lozère) qui est venu demander la laïcisation progrcssiYe des 8,000 emplois d'institutrices qui sont encore aux mains des congréganistes. On YCut fermer un certain nombre d'écoles normales, il \'audrait mieux appliquer la loi et ne plus nommer de congréganiste d.rns les départements où fonctionne depuis quatre ans une école normale de filles. C'est dans le cours de la discussion que LaYy et Jourdan ont proposé de fixer au gouYcrncmcnt le terme de deux ans pour la laïcisation générale des écoles Je filles. Cette proposition ferme frappa droit comme un coup d'épée le ministre de l'instruction publique et :.es collègues qui se débattirent vivement, aidés par le compatissant et juriliil1ue i\l. de Ramel; on comprend bien qu'accepter la proposition, c'était établir entre l'opportunisme et la droite une brouille sérieuse et changer la lune de miel opportuno-clèricalc en un astre malin soufflant grêles et tempêtes. i\!. Rambaud donna successiYement trois ou quatre interprétations de la loi et il prc'.:tcndit n'avoir point le droit de procéder autrement que par extinction, en remplacement du personnel congréganiste. L'auteur de l'Histoirede laCivilisationet M. de Ramel lurent durement ramenés à la réalité juridique par un de ces discours complets et brefs dont 1'1illcranJ a le secret. Comme conclusion, notre éminent ami deposc la motion suivante : La Chambre, affirnwlt « le droit du ministre à procéder sans délai a la laïcisation du ptTsonnel des écoles primaires de filles, inYitc le gouvernement à acheYer cette laïcisation dans le délai de deux ans. » Lt discussion, n:1woyee à la seance suiYantc (seance du 26 110Yembre), reprit de plus belle entre i\lillcrand, Poincarré, Goblet et le president du conseil. Il s'agissait de fixer l'intcrpretation de la loi generalc Je 1886 sur l'instruction primaire, Je saYoir si le gouvernement aYait le droit de remplacer les congréganistes autrement que par extinction et si la Chambre pouvait fixer un délai <le deux ans pour l'accomplissement <lecette œuvrc. Goblct fut surtout mis en cause par le president du conseil, qui
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