LA REVUE SOCIALISTE profiter de nos malheurs, au lieu de nous secourir. Pendant l'invasion allemande, le prince Gortchakoff faisait connaitre a toutes les puissances de l'Europe, par sa circulaire du 19 octobre 18jo, qu'il profitait des circonstances pour dechircr de sa propre autorite le traite <leParis. Il est vrai qu'en 18j5 la Russie s'opposait à une nouvelle i1wasion de la Fr.mec; mais cc n'était point là une intervention audacieuse et isolée; car l'Angleterre se joignait ù clic; cet acte n'émanait point d'un élan de genérosité chevaleresque, mais d'une prcoccupation judicieuse Je l'intérèt bien entendu. Aussi la France a-t-elle accueilli avec joie le rapprochement open; avec l.1 Russie comme un signe de son relèvement, comme un hommage rendu à ses efforts, à sa sagesse. Mais on ne peut engager la France sans son consentement et sans qu'elle sache quelles sont les charges et les obligations de l'alliance, si l'alliance existe. Le ministre doit en préciser les conditions afin de mettre fin aux illusions dangereuses que la presse entretient, en laissant croire à une entente qui ne serait pas seulement défensive. La réponse de M. Hanotaux a été aussi terne, aussi vague que possible. La dcsillusion a eté profonde. Ou bien l'alliance n'existe pas, et si clic existe et qu'on ne veuille point parler, quelles clauses mystérieuses contient-elle ? Dans la même scance a été voté, après un discours de l\1. Hubbard, le crédit pour l'ambassade du Vatican. La discussion du budget s'est faite à la hâte. On veut en finir aYant 189ï, afin d'é\·iter le vote <les douzicmes provisoires. Ces budgets i,, extremis sont plutot sabres par des charges de cavalerie parlementaires que sè1icus~mcnt discutés. Seul le budget de l'icstruction publique, par l'intervention des socialistes, a cté traite avec plus d'égards. Carnaud a ou\·ert la discussion générale par un excellent et solide discours. 11 a justement signalé l'augmentation de la proportion de l'enseignement· congréganiste qui représente aujourd'hui 46 °/odes élèves, tandis que l'État en a -lï 0 / 0 , et montré que les mesures proposées par la commission du budget semblent indiqµcr une lassitude dans la lutte pour la préèmincncede l'enseignement laïque ou une secrète sympathie pour les pensionnats religieux. ~otre ami s'élève justement contre les propositions restrictives de la commission, les diminutions de crédits, diminution du nombre des bourses pour l'enseignement secondaire et diverses mesures de défaveur proposces aussi contre l'enseignement primaire et les instituteurs. Nous ne pom·ons suivre la foule des amendements de détail défendus le plus som·ent par nos amis dans l'intérêt du dc\·c-. loppemcnt général <le la culture et en vue d'améliorer la situation matérielle des plus humbles parmi les serYiteurs et employés de nos établ i:,sements d'instruction pu bliq uc.
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