La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

ï.J.6 LA REVUE SOCIALISTE agitation politique prenait naissance dans l'association, il serait toujours facile au goun:rnc1rn:nt de la dissoudre, conformément à la loi. « Les << instituteurs sont gens a\'isés. Ils commencent à connaitre les faits les « plus importants de l'histoire contemporaine; ils saYcnt en particulier « que pour qu'une association dissoute puisse se reconstituer impuné- " ment, il faut que cette association menace di rcctcment la société ciYile; " il est indispensable qu'elle soit une une association religieuse, et ils se « tiendront pour aYertis. >> Il existe des associations semblables en Suisse, dans l'impériale Allemagne, en Belgique, en Angleterre. « Pourquoi faut-il donc que nous en soyons réduits à aller chercher à l'étranger ks preuves du libéralisme le plus timide? >> Les professeurs de l'enseignement secondaire ne sont pas mieux traités que les instituteurs. Ils ont demandt- depuis longtemps à constituer une association fraternelle ayant pour objet d'étudier en commun les améliorations morales et matérielles que comporte leur sitLqtion. Cette autorisation leur a toujours été refusée; cependant, une association semblable existe en Allemagne. Elle vient de se réunir en congrés à Cologne. Par une contradiction réelle, on refuse à l'ensemble des professeurs cc qui a été accordé déjà a certains d'entre eux. Deux organisations réguliércment autorisées fonctionnent aujourd'hui : l'union des professeurs des classes élémentaires et l'association des maitres répétiteurs. On interdit aux jeunes répétiteurs cc que l'on refuse aux professeurs, gens d'expérience et d'àgc, plus aptes probablement que les premiers à faire un usage judicieux de la liberté qu'on leur concèderait. Une longue discussion s'est engagée alors entre M. Léon Bourgeois, le ministre de l'instruction publique et le ministre de la justice, au sujet des détails mêmes de ces événements et <le l'attitude du ministérc Bourgeois à l'égard de réunions analogues; mais c'est Millerand, comme toujours, qui est venu résumer les débats dans un discours dUinitif et sec comme une bastonnade : « Yous avez fermé les yeux, quand c'était le parti clérical qui s'agitait; quand les évêques, de l'aveu même du gouvernement, faisaient contre les principes de la République et de la société moderne les déclarations les plus violentes et les plus audacieuses. Mais vous n'avez plus été désarmé, quand il a fallu frapper de modestes et méritants membres de l'enseignement. Yous a,·ez apporté comme gage à vos amis de la droite la dépouille d'une association républicaine.» - L'ordre du jour de confiance au gouvernement a été voté par 324 voix contre 22 5. Pour réparer le triste effet de cette approbation des familiarités cléricales <lu ministcrc, la Chambre, quelques jours après, dans les séances du r6 et du Iï novembre, a YOté le projet de loi de MM. Maurice Faure et Guillemet tendant à l'élection des délégués sénatoriaux par le suffrage uniYcrsel direct. Ce fut même l'occasion d'un petit échec

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