LA QUESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS 745 Dieu », a·retiré son drapeau du Vatican et a permis a l'Italie de reprendre possession de Rome. Les congressistes affirment dans une adresse leur attachement persévérant a la cause de l'indépendance temporelle du Saint-Siège. La lecture de cette adresse est accueillie par les cris unanimes de:« Vive le pape-roi! i> Voila, 5emble-t-il, des manifestations de politique extérieure trés dangereuse·s émanant de fonctionnaires bien imprudents. On demande « que l'image du Sacré-Cœur soit apposée sur le drapeau français, suivant le désir exprimé par Jésus a la bienheureuse Marie-Alacoque ». Cette manifestation légèrement comique est suiYic de décisions et de discussions ayant un caractère d'organisation électorale, et le père Vallée invite les auditeurs a sortir « du congres fermement décidés a braver les amendes, la prison et le reste, et a aller jusqu'au bout». Ce langage révolutionnaire est confirmé par le pére jésuite Gaudeau, qui affirme la nécessité de r~staurer une religion d'État et qui proclame la suprématie de l'Église sur la Société civile. Capucins, dominicains, jésuites (autant d'associations illégales, dissoutes, expulsées) font rage de prétentions théologiques et adoptent en vue des élections prochaines un plan d'organisation général rayonnant sur toute la Fra11ce. Le siege du comité central est fixé a Paris : « Il est vraisemblable, dit Mirrnan, que si les salons de l'archevêché ' sont trop petits, vous voudrez bien cette fois leur offrir très généreusement les vôtres. i> Quant au rector111agnifiws de l'académie de Louvain, qui a proclamé dans une basilique française que la guerre de 1870 avait cté pour la France une guerre d'expiation méritée, on lui a permis de tenir ce langage cruel pour notre patriotisme blessé, pendant qu'on expulsait de France les Alsaciens socialistes cherchant auprès de la mère-patrie un peu de liberté et <lesympathie. Les fonctionnaires du clergé ayant éte laissés libres de leurs opinions et de leurs manifestations politiques et sociales, il semblait qu'on eût pu accorder aux fonctionnaires de l'enseignement la très modeste et restreinte liberté du groupement professionnel. Plusieurs congrès d'instituteurs se sont tenus en France: l'un en 1885, au Havrc,sous la présidence d'honneur de M. Goblet, ministre de l'instruction publique; un autre ( ce fut le dernier), le 4 septembre 1887, a Paris, sous la ,présidence d'honneur de M. Spuller, ministre de l'instruction publique. C'était la période républicaine de la République. Des l'année suivante, la tenue des congrès ultérieurs fut interdite par M. Spuller, déja touché de la grâce d'en haut. Cependant, les congressistes n'étaient point des séditieux, regardant au dela des Alpes pour y chercher des directions politiques : « C'étaient de fermes républicains. Les congrès de 1885 et « 1887 avaient été clôturés par une acclamation formidable, unanime « et sincère de: « Vive la République! i> mais je ne suppose pas que « déji cc cri soit considéré comme séditieux ou même ironique.» Si une
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