La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

74+ LA REVUE SOCIALISTE degré de plus dans la déchéance de cc gui fut le parti républicain. On connait les faits. Un congres de 7 à 800 prêtres, religieux de diYers ordres, curés ou vicaires, dont un grand nombre sont salariés de l'État, s'est réuni dans le palais archiépiscopal de Reims. Ils ont délibéré « sur les questions les plus diverses, choisies par eux et touchant tant aux interêts de leur propagande qu'aux directions politiques venues du \'atican et qu'ils décidércnt de suine. » D'autre part, il y a quelques années, un prédécesseur du ministre actuel a interdit un congrès projeté par les instituteurs; ù leur cour les professeurs de l'enseignement secondaire sollicitent depuis longtemps l'autorisation nécessaire pour constituer une association professionnelle dont tout caractère politique serait rigoureusement exclu. Voila les faits que Mirman. expose en détail avec distinction et avec esprit dans un discours admirablement documenté et d'un ton fort élevé. Le député de Reims ne s'indigne point de la liberté de réunion accordée aux prêtres de Reims; il se félicite au contraire de la tolérance du gou,·ernc:ment a leur égard, mais il réclame une libert"é égale pour les membres du corps enseignant. Et cependant, les membres du clergé \'iolcnt par ieur réunion même une foule de lois, de décrets, de dispositions règlementaires. Ils se réunissent a Reims sans avoir daigné demander la permission au gouYernement, quoique l'article 4 du Concordat porte : « Aucune assemblée délibérante n'aura lieu sans la permission expresse du gou- \'Crnement. >i Circonstance aggravante! cette réunion illégale se tient dans un palais national, entretenu par l'État, dans le domicile même de l'archcYêquc de Reims, fonctionnaire salarié de l'État. Et comme le vicomte d'Hugues interrompt l'orateur pour faire observer a l'orateur que son raisonnement s'applique aussi au congres protestant de Lyon, Minnan répond: « \'ous savez bien que je ne fais pas profession d'anticatholicismc et que tous les cléricalismes, quelque nom qu'ils prennent, que cc soit le tenace cléricalisme huguenot ou le cléricalisme juif, si intrigant et si dangereux, me paraissent aussi mauvais les uns que les autres. » Le congres ecclésiastique ne s'occupe pas exclusivement de questions religieuses. La politique pure y est ardemment et même tout spécialement discutce. Un telégramme est envoyc au pape, affirmant le profond attachement des prêtres reunis a Reims « à toutes les directionspolitiqueset socialesdu Saint-Père. )) Or, ni le Concordat ni les articles organiques ne reconnaissent au pape le droit d'être le directeur politique du clergé français. Cc n'ctait lù qu'un début. Les orateurs politiques commencent : Le R. P. Léon, des fréres Mineurs, déclare que la tempête s'est déchaînée sur notre pays, arrachant deux provinces de notre sol, parce que la France, « infidclc ù son rôle de soldat de

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