710 LA REVUE SOCIALISTE La femme dut quitter son foyer. Elle abandonna ses enfants aux Yieillards, aux impotents ou les laissa à la merci d'eux-mêmes, pour suivre son mari. Bientot l'enfant fot forcé de prendre place au pied des machines et la demeure de l'ouvrier industriel devint déserte. Plus tard le travail de nuit vida le lit conjugal. * * * De la concentration industrielle est née la diYision du traYail. L'ounier indh·idualiste, l'ounier de l'industrie domestique traYaillait seul à la confection d'un produit: toile, soulic;r. habit, etc. Des connaissances techniques lui étaient indispensables. Il était remarquable par sa taille éleYée et par sa force musculaire. Par exemple, les cordonniers qui sont aujourd'hui, aYcc les tailleurs d'habits, les plus mal conformés des om-riers, aYaient alors pour la plupart des formes athlétiq LIL:S. De nos jours, le prolétaire qu'une cloche fait entrer au sein d'un , aste atelier ou l'on respire des germes de mort et qu'un coup tk sifflet rejettL:brutalement sur la rue, l'ouvrier qui n'est plus que l'escl:l\'e d'une nuchine, s'avachit. Il a cessé d'être un homme. Il est devenu un automate inintelligent. « Le métier dégrade l'homme et.l'atrophie, » dit \Viniarsk.i. li n'en saurait êtrL:autrement sous l'empire du Capital. Le traYailleur confectionnant i lui seul un produit fait place à l'ounier parcellaire, au spécialiste passant sa Yic :i. n'exécuter qu'une partiL:- toujours la mC:me- de la tkhe qu'il accomplissait jadis en entier. Son intelligence, amrefois indispensable, ne lui est plus guére utile aujourd'hui, toute sa besogne se réduisant :i.exécuter quelques rnouYL:mentsautomatiques ne réclamant que l'usage d'une partie du corps ou d'une seule faculté intellectuelle. Cc tranil trouble l'équilibre de l'organisme. Il est destructeur de l'intelligence et de la santé <le l'ouYrier qui l'accomplit. Cette évolution n'est pas limitée :i.un certain nombre <lemétiers. Toutes les professions, même celles qui semblent devoir réclamer ctcrncllcment le concours d'hommes intelligents, de Yéritables artistes, comme la granirc, l'horlogerie, etc., sont entrainées chaque jour <laYantagedans cette Yoie. La graYLHCn'exigc-t-elle pas l,1 collaboration de nombreux spécialistes? L'horlogerie semble plus ,l\ ancée encore. L\ aussi, les parcellaires abondent. La machine co1111m:nc:ci. y détrôner les ouYriers de métier. Plusieurs Yastes manufactures Je montres existent déj:i.n'occupant guère que des gens étrangL:rs,\ la prnfession. li s'est construit, aux Etats-Unis, une usine qui fabri(1uc mille Jeux cents montres par jour. Elle renferme mille huit
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