La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LE PROBLÈME DE LA SANTÉ moyenne d'e1wiron 30 °/o. Pendant ce temps, le prix de la viande de bœuf s'est accr~t de 76 °/o, celui des œufs 65 °/0 , celui du beurre de 44 °/o, etc., d'où un renchérissement moyen de 59 0/ 0 . Dans l'espace d'un demi-siècle, les salaires ont donc subi une hausse de .+7 °/ 0 • Au cours de la même période, le prix de la nourriture s'est trouvé majoré de 109 °/ 0 • De 187 4 à 1887, les salaires paraissent aYoir augmenté de 1 3 °/0 • Nombreuses sont les deqrées alimentaires dont le prix s'est également accru. L'éléYation du taux des salaires, autour de laquelle les Pangloss du regime capitaliste font si grand tapage, a donc toujoms été moins rapide que celle du coùt des maticres les plus communément utilisées pour l'alimentation populaire. Ce phénomène, notons-le bien, n'est pas particulier à notre pays. ous pouvons l'obser\'er en Suisse, en Angleterre, en Allemagne, aux États-Unis, en u11mot, chez tous les peuples ci\'ilisés. En Suisse, de 1848 à 1873, l'augmentation du prix des vivres a été la sui\'ante: pain 21 °/o, viande 80 °/ 0 , beurre 64 °/ 0 , pommes de terre 46 °/o, etc. En Angleterre, de 1760 à 1865, le salaire agricole s'est accru de 83 °/o. Le prix du pain a augmenté de 70 °/ 0 , celui de la viande de 300 °/ 0 , celui du beurre de 130 °/ 0 , celui de la biere de 300 °/ 0 , etc. Le taux des loyers a subi également une hausse de 200 °/ 0 • En Allemagne, les choses ne se sont pas passées différemment. Dans la seule ville de Hambourg, le prix du pain s'est éle\'é <le 20 °/o dans la période de 1780-1875, celui du bœuf de 189 °/o, celui des pommes de terre de 182 °/o, celui du beurre de 191 °/o, celui du lait de 184-0 /o. Aux États-Unis, de 1860 à 1875, les salaires ont subi une hausse d'environ 60 °/ 0 • Le prix des subsistances alimentaires s'est accru de 90 °/ 0 au cours de la même période. Ces chiffres sont concluants. Ils expliquent l'état misérable dans lequel s'agite "la classe ouvrière, les progrès de l'anémie et de l'épuisement nervo-musculaire, conséquences d'un excès de tra\'ail et d'une insuffisance d'alimentation; ils expliquent également les progrès de l'alcoolisme ( r) et de la débauche, ces produits du paupérisme. (1) « La soif de l'alcool n'est pas la cause, mais une suite de la misère. C'est une exception quand un homme qui se peut bien nourrir devient un buveur d'alcool. Quand, au contraire. le travailleur n'a pas le salaire suffisant pour la quantité d'aliments qui lui permettraient de rcftablir sa force de travail, une nécessité de nature, inflexible, l'oblige :1 recourir il l'alcool. Il lui faut travailler; mais par le fait de sa nourrin1rc insuffisante, il lui manque chaque jour une certaine quantité de force de travail. L'alcool, par son action nerveuse, lui permet d'exciter cette force aux dépens de son organisme et d'en dépenser aujourd'hui ce qu'il n'aurait èlû mettre en œune que le

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