La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE p:lllpcnsnH: ct l'cxccs <le traYail. Ils sont confirmés par la statistique <lessalaires et ks mercuriales des marchés. Bornons-nous à citer quelques chiffres. An ttTizicme siécle, l'onHicr maçon <lesFlandres pouYait acheter Jouzc pains, quinze litres de froment ou un tiers de mouton avec la rémunération d'une seule journée de travail. Au sicclc suivant, avec son salaire quotidien, l'artisan pouYait se procurer trois poulets, cent Yingt œufs ou ccnt cinquante harengs. A cette époque, ne l'oublions pas, les longues journées de labeur ctaicnt inconnues ainsi que les travaux excessifs et la plupart des besognes malsaines. Les ouYricrs se reposaient, en moyenne, deux jours par semaine. Le travail de nuit, actuellement si commun - et si meurtrier - n'existait pas. L'exploitation de la main-d'œu,Tc·enfantine n'était pas daYantagc soupçonnée. Pour ètrc reçu apprenti, il fallait être ùgé <ledix-huit à vingt ans. Les ouniers de métier (1) YiYaicntalors pour la plupart dans une aisance rebtiYe, non seulement en France, mais dans tous les pays industriels ( 2). Ainsi, en Angleterre, d'après L. Bertrand, un moissonneur gagnait au quatorziéme siècle quatre pence par jour, soit de quoi acheter un comb de blé. A la fin du dix-huitième siecle, il dcYait traYaillcr de dix à douze jonrnt'.:cspour s'en procurer la même quantité. En trois siècles, le salaire réel était donc diminué de près de moitié. Un ouvrier qui gagnait à la prcmiére date trois pence par jour ou dix-huit pence par semaine pom·ait avec cette somme se rendre acquéreur d'un boisseau de blé et de Yingt-quatrc lines de viande. A la Yeillc de la Révolution française, le mème ouwicr, aYec un salaire hebdomadaire de douze shillings, ne pouvait plus acheter qu'un demi-boisseau de blé et douze liYres de viande. En France, de 1700 à 1789, la hausse des salaires a été de 20 °/o enYiron. Le prix du blé s'est accru de plus de 33 °/o• De 1824 à 18H, les salaires ont augmenté de 17 °/o, Le prix du pain s'est accru de 35 °/o, celui de la Yiandc de bœuf de 44 °/o, celui de la Yiandc de mouton de 67 °/ 0 , celui de la Yiande de porc de 53 °/o, C'est une augmentation moyenne de prcs de 50 °/ 0 • De 1854 à 1874, le prix de la journée de traYail a haussé en (1) En 1682, il y :wait, en France, 38,000 compagnons et 19,085 maitres, c'est-idire ,1 peu pri:~ deux ouvrier, pour un p.nron. Cela explique l'êtat satbfoisant des tr.w.ulleurs Jont nous parlons. Nous ne songeons ici - est-il besoin Je le dire ? - ni ,i glorifier !e passé, ni .~ en ,ouhaiter le retour. Sa résurrection n'est ni possible, ni dcsirable. J::treirai est notre unique ambition. (2) <;,1nsdoute, il existait alors - comme de nos jours, plus même que cle nos i_ours - ,k nombreux miscrablc,, des mendiants, des vagabonds, des sans-foyer Je tout age et de tout sexe, mais ces gcns-lil ctaicnt pour la plupart des improductifs. Combien de tr.lYJillcurs ont aujourd'hui la mëmc misère sans a,·oir les mêmes loisirs r

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==